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accès aux archives 215, numéro d'inventaire 3, page 167



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satisfaire à la volonté de son mari; elle eut peine a suporter ces paroles, et M. de
Bagnols la voiant peu disposée a souffrir qu’il lui en dit davantage sur le même
ton, se contenta de lui dire qu’il n’avoit pas d’avis particulier à lui donner sur cette
distribution, parce qu’il se souvenoit que s’étant trouvé chez M. le Curé de St.
Paul à la derniere visite que M. Singlin lui rendit, il entendit dire à M. S. qu’il
avoit décharge sa conscience sur celle des ces docteurs, et n’avoit plus de part à pren
dre dans cette affaire que celle qu’Ils lui donneroient, de sorte que s’ils rete-
noient cet argent M. S. ne s’en plaindroit jamais, mais que s'ils le lui don
noient, il ne rendroit jamais aucun compte qu’a dieu de la distribution qu‘il
en feroit, et qu’il étoit obligé en ce cas là de la faire selon la volonté étroîte de
M. de Chavigny de laquelle il ne lui avoit laissé aucune liberté de se départir
Il est bien vrai, ajoutoit M. S. que si la somme entiere des neuf cent tant
de mille livres étoit a distribuer, il y auroit a considerer des charités publiques
et particulieres, pour raison desquelles il eut eté ravi de prendre les avis de M. le
Curé de S. Paul, mais dans une aussi petite somme qu’etoit celle de cent mille li¬
vres, il n’avoit que si point de liberté, qu’il avoit jugé de ce discours de M. S.
qu’il y avoit des particuliers interessez dans cette distribution, et peut être plus
d’obligation de payer une dette que de faire une aumône, qu’ainsi Mde. de
Chavigny n’avoit à son sens que deux choses parti à prendre, ou celui de distri
buer cette somme comme elle voudroit, l’assurant encore tout de nouveau que
M. Singlin ne lui en demanderoit jamais un denier. ou de la donner à M. S.
sans attendre qu’il lui rendit aucun compte.
Elle
Elle fut allarmée de ces nouvelles connoissances qu’il lui donna, et dit que
si M. S. lui vouloit decouvrir le secret de cette affaire elle consentiroit qu’il
reçut l’argent, M. de Bagnols lui répondit qu’il ne pensoit pas qu'il le pût
faire, parce que ce pouvoit être un secret de confession qui est de soi incommu¬
nicable, et de plus qu'il y pouvoit avoir d'autres personnes interessées que M.
de Chavigny, et que si cela étoit ainsi, allenen pouvoit jamais rien sçavoir; elle s’in¬
quieta fort de ce qu'on ne vouloit point lui donner d’avis agreable et fit même
quelques reproches de ce qu’on avoit voulu ruiner treize enfans. M. de Bagnols
lui repondit qu’il avoit voulu seconder les intentions trés pieuses et très justes
de son mari, et éviter la malediction de dieu que la détention d’un bien mal aquis
pouvoit attirer sur treize enfans, et qu’au surplus, on n’avoit rien a lui dire qui
pût lui être plus agréable, par ce qu’on ne pouvoit pas s’écarter de la verité. M.
de Bagnols la laissa dans l’inquietude qu’elle faisoit paroitre. Cette peine ne
fut néanmoins qu’un trouble de peu de durée. car Me du Plessis Guenegault
ne fit pas d’impression sur son esprit par le billet qu’elle lui écrivit en ces
termes le 13. decembre
J’ai rendu compte aux personnes, de votre resolution, à quoi ils m’ont ré¬
„pondu que quant à ce qui les regardoit, ils n’ont rien a dire, mais qu’ils vous
supplient seulement de vous souvenir, qu’Ils ont fait tout ce qui a pu dépendre
„ d’eux, pour l’execution de la volonté de M. de Chavigny, et qu’ainsi ils sont bien
aises qu’en étant dechargez devant Dieu, ils n’aient point à se justifier devant
„ les hommes de la distribution de cet argent.

Citation de la source

Les archives d'Utrecht, numéro d'archive 215, Inventaire, numéro d'inventaire 3, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1652-1653. Livre VII-X




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