146. 147. croioit bonne, je l’aime à plus forte raison en en deffendant une bonne contre une mauvaise à mon avis, quoi que je l’appelle probable parce qu’elle n’est pas encore decidée. Si je meurs je suis trop heureux que dieu m’ait fait la grace de faire penitence de mes pechés en deffendant la penotence et em¬ pêchant qu’on n’acheve de la ruiner entierement. car c’est de quoi il s’agit, je pourrois vous dire quelque chose de particulier pour vous faire voir le tort qu’ils se font plus qu’a moi; mais il suffit que vous le verrez dans le ciel, si dieu ne veut pas que je vous voie avant demourir sans offenser les puisances. Je ne suis nullement d’avis que vous l’entreprenie maintenant, car ce qu’¬ on vous a dit est un commandement de vous retirer, et à Mr. de L. lequel je vous supplie d’assurer de mes trés humbles respects et de mon ser¬ vice très humble, et lui dire que si Dieu eut permis que j’eusse eû l’honneur de le voir je suis très assuré qu’il fut demeuré d’accord de tout ce que je lui eusse dit. Je continuerai de le servir devant Dieu, auquel seul appartient de mettre les cœurs en l’état d’une parfaite conversation, s’étant reservé cette puissance. Votre peine et vos soins me demeurent pour gages de votre affection qui se renouvelle et rajeunit en quelque maniere dans les occasions, encore qu’elle soit ancienne, étant en cela semblable à dieu, qui est, selon s. Aug. semper vetus, semper novus. toujours ancien, toujour nouveau. Chapitre VI. Bons offices de Made. la Duchesse d'Aiguillon pour M. de S. Cyran, elle vient au Bois de Vincennes, et l’en entretient amplement. Il n’y a rien de plus embarassant pour des Theologiens et des Prêtres qui aiment Dieu, que quand on veut les obliger de mettre la cause de la religion at les interets de la verité en negociation avec des personnes de la Cour, comme s’il ne s’agissoit en cela que d’affaires toutes humaines. M. de S. Cyran étoit de lui-même plus eloigné de cet esprit qu’aucun homme de son siecle, mais il ne lui étoit pas possible d’empecher que ses amis qui avoient beaucoup de tendresse pour lui, n’emploiassent ce qu’ils avoient d’habitudes à la cour pour solliciter sa liberté, et que les personnes d’authorité auxquelles ils s’adressoient ne proposassent de tems en tems de nouvelles conditions. Après tant d’inutiles tentatives ils crurent que la chose pourroit réussir par le credit de Made. la Duchesse d’Aiguillon dont ils connoissoient le pouvoir Sur l'esprit de M. le Card. Son Oncle. Le Mardy de la Semaine Sainte 1641. Cette Dame étant venüe au Bois de Vincennes, et aiant fait appeler M. L’Abbé de S. Cyran pour la venir trouver dans l’Eglise ou elle étoit vers les quatre heures du soir, elle l'obligea de s’asseoir au près d’elle sur l’un des banes qui sont le long des chapelles. Le compliment qu’il lui fit d’abord se reduisit en ce peu de mots: qu’il savoit tout ce qu'elle avoit fait pour lui, qu’il en avoit tous les ressentimens possibles, et que si les paroles lui étoient interdites il n’en étoit pas pour cela moins touché. Elle lui dit qu’elle avoit parlé à M. Lescot qui lui avoit répondu ces mots. puisque vous l’affectionne je suis encore prêt d’y retourner, s’il veut se resoudre a souscrire l’opinion commune. M. de S. Cipan répondit à cela en fort peu de mots, et fort constamment qu’il ne pouvoit dire autre chose que ce qu’il avoit dit dans la lettre à M. de Chavigny, et comme elle le remit une ou deux fois sur le même discours, il ajouta encore une fois à ce qu’il venoit de dire, que s’il avoit fait autrement, il croioit que dieu le feroit mourir à
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 2, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1625-1652. Livre I-VI
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