lorsqu’ils entreprennent de decider ce qu’elle n’a pas encore decidé, et qu'il étoit pret d’embrasser aussitôt qu’elle le decidera &c. M. de S. Cyran n’eut pas plutôt écrit cette lettre qu’il en témoigna de la peine non parce qu'elle ne produisit aucun effet de sa liberté qu’il n’attendoit que de dieu seul; mais parce qu’aimant la verité sur toutes choses, il crut l’avoir affoiblie par des con descendances et des expressions dont il auroit voulu s’être abstenu; mais il crut devoir imiter en cela l’exemple de quelques grandsingeints, comme Sr. Denis de Milan, St. Thomas de Cantorberie, et quelques autres qui ajant d’abord un peu biaizé par des accommodemens qu’on leur avoit proposé s’étoient établis ensuite dans leur premiere vigueur, c’est ce que Mr. de S. Cyran a fait dans toute la suite de sa vie, et d'Andilly qu’il commença de faire par cette lettre qu'il envoia a M. ensuite de celle. qu'il avoit adressée à Mr. de Chavigny. Je ne puis m’empêcher de vous dire que je suis en l’état ou dieu veut que je sois, et que je n’ai eû nulle peine dans cette dernière rencontre que j'ai prévu dans le commencement. Si je ne l’ai dit à tout le monde, c’est qu’il faut faire dans ces sortes de prevoyances qui sont toutes recueillies dans un esprit particulier, ce qu’on fait lorsqu'on est bien conduit dans les revelation parce que dieu même nous envoie, c'est qu'on n’y a nul égard, et en quelque condition de vie qu’on soit, on fait comme auparavant; car elles n’entrent jamais dans le commerce des actions humaines et n’y peuvent être emploiées sans causer de grands troubles et renverser l’ordre de Dieu et du monde tout ce qui m’est resté dans l’esprit depuis votre partement c’est un secret mécontentement de n’avoir pas parlée si fortement qu’il le falloit, et deffendu plus ouvertement et avec plus d’étendue la verité. Je vous avoue que vos langages et vos temperamens que vous donnez aux paroles (je dis tous les academiques) ne s’accordent pas bien avec l’eloquence des pensées, des actions et des mouvemens que donne la verité divine à celui qui la reconnoit et qui l’aime Les raisonnemens et les trop grandes mesures des paroles appartiennent aux philo- sophes et aux courrisans; mais ceux de notre profession qui regardent non tant ceux à qui ils partent, que Dieu de qui ils parlent, sont animés d’un autre esprit qui leur fournit un autre langage; sans vous qui m’avez peut être trop humilié, pour ne pas dire ra- baissé, j’en eusse usé en cette occasion; et peu s’enfant que je ne m‘en repente, car qu’étoit il besoin de faire autrement, sachant qu’ils ne nous traitteront pas mieux. pour notre humilité, nous aurions pour le moins rendu plus d’honneur à la verité et peut être excité par la force de notre expression quelque synderesse en leur esprit qui demeurera plus endormi qu’il n’étoit à cause de la douceur de nos paroles qui leur persuadera peut être qu’ils ont quelque raison, et que nous ne visions qu'a une de livrance indigne, je ne dis pas d’un prêtre, mais du moindre des chrétiens. s'il eut eu la grace de Dieu et qu’il agisse par son esprit, cela eut fait éclat, et eut reveillé un nombre de personnes qui par simplicité ou ignorance croient qu’ils ont raison, et que nous avons tort. Je vous demande pardon de ma liberté et vous prie de donner cela à mon zele et au brouillement que j’ai senti en moi et qui me dure encore; car je ne puis regarder ceux qui me font la guerre que l’epée à la main, zun et comme des hommes qui ne demandent qu’a combattre pour la verité à peine de perdre la vie. Quand il n’y auroit autre chose, sinon qu’on m’interroge entre quatre murailles sans partie, sans temoins, et contre tout l’ordre de justice et entre cette sentence de l’Apotre, ne recois point d’accusation contre un prêtre sans un ou deux témoins. Ils ont sujet de craindre les jugemens de dieu, desquels je voudrois les preserver par mes prieres. Je vous declare que je suis à lui jusqu’à la mort; et Si St. Cyprien a aimé l’unité de l‘Eglise en deffendant une meuvaise cause qu’il 144. 145.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 2, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1625-1652. Livre I-VI
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Kunstmatige intelligentie
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