142 Dieu ne m’a pas voulu tant abandonner, et je reconnois de plus en plus qu’il m’a fait une insigne faveur de n’avoir pas permis que j'aie eté delivré l’année passée par cette voie, me tenant très heureux de ce qu’il m’a fait faire un peu de peintence pour maintenir la penitence Il ajoute aussi cette explication de quelques termes de son Ecrit. Les fran ges de l’Eglise sont les paroles de J.C., car le vetement de I.C. selon les Peres c’est son humanité et le corps dont il a revetu sa divinité dans l’Incarnation Les franges de ce retement sont les paroles de J.C. incarné, c’est pour quoi il est dit en la personne de la femme hemoroisse que le peuple Gentil dont elle étoit la figure, touche la frange du Vetement de J. C. parce que n’aiant pas vû J.C. en sachair, il a reçu les paroles qui sont procedées de son esprit et de son In¬ carnation. Chapitre V. On presse Mr. de S. Cyran de S’expliquer sur la matiere de la Contrition et de L’attrition, il ecrit quelques lettres sur ce sujet. M. de S. Cyran croioit avoir satisfait à tout ce que l’on pourroit raison nablement desirer de lui par l’Ecrit qu’il venoit de donner à Mr Lescot ; mais on ne se contenta pas de cette premiere demarche, ceux qui l’avoient fait arreter unpu voulurent absolument qu’il s’expliquât plus particulierement sur la matiere de la contrition et comme ses amis suroient très bien qu’il ne s’etoit jamais arreté à cette difficulté dans la conduite des ames dont il examinoit la Conversion par des dignes fruits de penitence plutôt que par des mouvemens interieurs qui ne sont connus que de dieu seul, et qu’il ne pretendoit point en cela faire plus que le Concile de Trente qui avoit laissé la chose indirecte, ils le porterent a ne pas refuser cette conselation à leurs prieres, et aux soins que 143. que M. de Chavigny prenoit de lui, à qui il pourroit ecrire une lettre sur ce Sujet. Il eut de très grandes peines a s’y resoudre ; mais il le fit enfin et manda à ce Secretaire d’Etat son amy le 14. May 1640. que comme discipline de l’Église, il fai soit profession de la suivre en toutes choses, et qu’ainsi puisqu’elle n’avoit pas decidé ce point, et qu'elle a laissé à ses enfans la liberté d’en tenir ce qu’ils voudront comme le témoigne assez M. de Geneve, il ne croioit pas devoir prévenir ses juge mens; mais plutôt laisser cette question au même état ou Elle là laissé, reconnoillant avec elle que toutes les deux opinions sont probables, sçavoir l’une que la contri- tion est necessaire, et l’autre qu’elle est suffisante avec le sacrement; qu'il étoit très veritable que dans la pratique il avoit suivi l'une et l’autre, s’accomodant à la disposition des penitens sans leur demander autre chose, sinon qu’ils aient une douleur sincere d’avoir offensé Dieu, et un vrai desir de changer de vie les absoluant après cela sans aucune crainte, soit qu’ils aient attribu ou contrition dont il ne se mettoit nullement en peine ; sachant que cela doit être decidé devant le tribunal de dieu, que lui seul est capable de connoitre et de discerner, la lumiere des hommes ne pouvant aller plus loin que d’en distin guer les objets, que pour lui parler encore plus clairement, et lui faire voir qu’il étoit très eloigné de vouloir rien deguiser à son Em.ce il lui repeteroit qu’il tenoit que l’o pinion de ceux qui croient que l’attrition suffit est probable, comme celle deceux qui croient qu’elle ne suffit pas puisque l’Eglise n’en a pas encore jugé, et qu'il etoit très eloigné de condamner ceux qui tiennent pour l’attrition, qu’il condamne même ceux qui les condamnent, pour ce qu’ils agissent contre l’unité de l’Eglise et la troublent, et divisent, en jettant des scrupules dans les consciences
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 2, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1625-1652. Livre I-VI
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