58. du Serenissime Sacrement. Nouvelle perfection de ce Monastere. On n’a rapporté toutes ces choses que pour preparer les esprits a l’admi¬ ration de la rupture de M. de Langres qui n’aient ou d’abord qu’une extraordinaire admiration pour le merite de M. de S. Cyran qu’il consideroit comme un homme en qui la sagesse habitoit se declara peu de tems après l’un de ses plus grands perse¬ cuteurs; mais ce ne fut que par degrés qu’il en vint à une extremité si sur¬ prenante. Lorsqu’il fut revenu de son diocèse il apprit avec douleur le triste état où étoit la sœur Anne de Jesus, et quel effet avoit produit dans son esprit la conduite et le consentement que la M. Angelique avoit donné au desir qu’elle avoit temoigné de se demettre d’un emploi qui ne convenoit nullement à Son état de postulante, il n’eut pas de peine à reconnoitre par lui-même ce que cette Mere lui disoit de la disposition de cette fille à qui sa deposition paroit soit insuportable, et comme il étoit encore uni à M. de S—Cyran il fut obligé d’etre convaincu par ses discours et par ses plaintes de l’injuste mécontentement qu’elle avoit de la conduite que l’on avoit tenüe sur elle, mais il ne conserva pas lontems ses sentimens si equi tables car l’aiant demandé un jour, elle le gagna tellement après trois heures d’entretien, qu’au sortir de cette conversation, la Mere Angelique trouva que ce n’étoit plus lui-même, il lui temoigna qu’il étoit touché pour elle d’une compasssion très sensible que c’étoit une ame penetrée, mais qui ne laissoit pas au fond d’avoir beaucoup de choses de dieu, et il entreprit aussi d‘excuser ses emportemens et ses excès. Etant tombé malade quelque tems après il pria M. de S. Cyran de lui dire ses sentimens d’une affaire très importante pour sa conscience, et reçut de trés bonne part, et avec de grandes actions de graces et que le fidele ami qui étoit capable 59. incapable de déguisement et de flaterie lui dit avec sa sincerité ordinaire sur quatre chefs, dont l’un etoit la résignation de son Eveché, mais il ne fut pas sitôt gueri, que cette liberté chretienne commença à le choquer, et le porta à s’éloi- gner insensiblement de sa conversation et a regarder avec peine celui dont l’amitié lui avoit paru une aequisition si rare et si prétieuse. Au lieu de benir Dieu du succès qu’il avoit donné à la charité et au zele de cet abbé dans la maison du S. Sacrement qui étoit toute renouvelleé depuis qu’il l’a voit obligé d’en prendre le soin, ce grand respect que les religieuses avoient pour celui qui avoit eté le canal de tant de graces lui blessoit les yeux, et il n’eut plus que du degout pour celui qui avoit toujours la matiere de ses eloges. son esprit s’envenima encore de jour en jour à l’occasion de Mde. de Poncarré qui étoit une dame separée de son mari, et retirée dans la maison de P. R. et comme il étoit son directeur au lieu d’etouffer en elle l’esprit du monde comme il avoit fait d’abord, il se passoit dans cette conduite des choses si peu regulieres que les religieuses qui étoient necessairement obligées d’en être temoins ne pou¬ voient plus gueres les tolerer sans charger leur conscience. C’est ainsi que l’esprit malin, qui est le pere de la division, et de la discorde ta choit de detruire l’ouvrage de Dieu, et d’avancer le sien. M. de Langres cessa tout a fait de voir Mr. de S. Cyran et commença a ne venir que très rarement au monastere du S. Sacrement, et a n’y demander que sa fille la sœur Anne de Jesus, ne parlant plus à la M. Angelique que par bien séance et que pour lui faire des reproches, il l’accusoit de rebuter tous les amis de la Maison par une trop grande retraite, et se plaignoit de ce qu’on ne la connois soit plus. illui marqua un jour le procedé dont elle avoit usé envers un Abbé Commendataire de l’ordre de Saint. Aug. qui venoit
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 2, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1625-1652. Livre I-VI
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