54. pas s’empêcher de parler selon que leur conscience les pressoit— M. d’Agentui même avoit bien prévu que dés qu’il auroit ouvert la bouche pour proposer sur cette affaire on ne manqueroit pas de calomnier la sincerité de ses intentions, et d’a tribuer à l’esprit d’intrigue et de cabale, ce qu’il ne faisoit que par devoir et par un principe de conscience. C’est ce qui l’avoit fait balancer assez lon tems avant que d’en faire l’ouverture, et il avoit eû même la discretion de n'en conferer ni- avec aucun des prelats, qui étoient les plus attachez aux interets de M. le Card. de Reté, ni encore moins avec ceux qui soutenoient la doctrine de St. Aug a fin qu’il n’y eut rien en son procedé qui put le rendre suspect La deliberation étant ouverte Mr de sens et de comminge et de Beauvais qui étoient les plus en butte à la Cour à cause de leurs lettres Pastorales et contre lesquelles on avoit sollicité des Bress du Pape et avec eux les autres prelats qui deffendoient la doctrine de St. Aug. suivirent les mouvemens de leur conscience. sans apprehender les mauvaises suites de cette affaire, et furent d’avis que la compagnie ne pouvoit nullement refuser à M. le Card de Pietz les offices dont Mr L’Evêque d’Agen venoit de faire l’ouverture, et qu’il y avoit lieu d'espérer de la bonté du Roi qu’il ne rejetteroit pas leurs remontrances. La deliberation se termina a cet avis mais ceux qui avoient voulu d’abord étoufer la proposition de Mr d’Agen aiant conclu aux remontrances comme les autres, trouverent moien de suspendre l’effet de cet arreté en sopposant à ce qu’on prit un son jour determiné pour les faire, et soutinrent que c’étoit une affaire qui demandoit plus de tems, et une assemblée plus nombreuse. cet avis fut celui de la pluralité contre le sentiment de plusieurs autres qui remarquoient qu’il etoit plus aité de déterminer le jour, que de conclure ces remontrances. Dans toute la deliberation, il n'y eut point de moderation pareille à celle de Mrs. de sens et de Beauvais, et on ne dit point un seul mot de leur affaire. on ne laissa pas néanmoins de les calomnier dans la suite et de les accuser faussement d’avoir menagé cet incident par forme de division, et donné en cela des marques d’un profond ressentiment. On rejetta toute la haine de cette deliberation sur les ditip: de S t. Aug: attribuant à un effet de cabale et à un esprit de sedition, une proposi¬ tion qui n’avoit eté concertée avec personne, et qui ne pouvoit l’être que par de très mechans politiques, parce qu’il n’y avoit nul succès a en esperer dans la situation ou les choses étoient à la cour. La generalité de M. d'Agen lui attira un ordre du Roi pour se retirer dans son diocèse. On publia faussement que l’on en avoit donné aussi un sem- blable à Mrs. de sens, de comminge, et de Beauvais, le Card. May: se laisse per- suader par ceux qui donnerent les discples de S. Aug: pour auteurs de cette deliberation, ce qui étoit achever de les perdre dans son esprit, et il ne s’en detrompa jamais. Chapitre IX. Harangue de M. L'Eveque de Rennes au Roi contre les discipes de S. Aug. Emportemens des Partitans de Molina contr’eux. 55.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 4, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1654-1656. Livre XI-XVI
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