52 qui concernoient les fonctions et les obligations de leurs charges, et les interets de tous les Prelats qui composoient l’assemblée, mais qu’il jugeoit à propos de joindre à toutes les affaires une autre de très grande importance, qui ne concernoit pas moins tout le clercorps du clergé de france, que celle dont on venoit de faire la proposition et qui seroit honteuse à tous ces mêmes prelats, s’ils la passoient sous silence dans une rencontre pareille à celle où ils se trouvoient. Il s’en expliqua et dit que c’étoit la détention de M. le Card de Retz sur laquelle la compagnie ne pouvoit pas se dispenser de deputer vers le Roi pour lui faire des secondes remon¬ trances, les premieres n’aiant pu rien obtenir en sa faveur, que c’étoit un office qui ne pouvoit être desagreable à S. M. puisque ce n’étoit que des prieres des Evêques de J.C. pour un de leurs confreres qui avoit eu le malheur de tomber dans la distance de son Prince, qui se feroient au premier de tous les rois chretiens, que dans ces prieres ils representeroient leurs larmes, et celles de leur mere commune sur une si longue prison, et le supplienoient d’en abréger le cours en faisant travailler à son procés selon les formes canoniques, que ces secondes remontrances ne servient qu’une suite des premieres qui auroient été reçues favorablement de S. M., et sur cela il supplia la compagnie d’en vouloir deli¬ berer sur le champ sans remettre cette proposition d’une autre assemblée vû l’importance de cette affaire Cette proposition surprit d’autant plus les Evêques qu’ils ne s’y attendoient nullement, et qu’ils scavoient très bien par la disposition de la Cour sur cette affaire qu’ils n’auroient jamais obtenu la permission de s’assembler si on eut sçu qu’on eût du mettre en deliberation une chose de cette nature ; ceux qui en furent les plus surpris remontrerent que c’etoit une affaire de trop grande impor¬ tance pour être jointe à la deliberation des autres qui se traitoient, qu’il falloit la remettre à un autre jour, ou il y auroit un plus grand nombre de Prelats, et où l’on pourroit apprendre la réponse que le Roi auroit faite aux premieres remontrances, neantmoins comme M. L'Evêque d'Agen qui avoit beaucoup de presence d’esprit et de vigueur Soutins sa proposition, et que ce n’etoit pas une affaire de longue discussion, mais d’un moment puisqu'elle tendoit uniquement a faire resoudre que la compagnie fit des remontrances au Roi conformes à celles qui lui avoient déjà été faites par les Evêques, et qu’il ne falloit pas d’autre instruction que celle qui étoit de noto rieté publique dans tout Paris, sçavoir que ce prelat avoit satisfait à la com¬ mission dont il avoit été chargé, et que depuis ce tems la S. M. n’avoit pas jugé à propos d’y deferer pour des raisons qui leur étoient inconnues, mais qui ne leur interdisoient pas de se mettre en devoir de rendre à leur confrere affligé toute las¬ sistance que la charité les obligeait de lui rendre dans la place ou ils étoient. Les Evêques qui avoient voulu arreter la deliberation demeurerent sans replique et on commença a opiner. Les Evêques qui étoient pour la doctrine de S. Aug. jugerent aussitôt que cette proposition les alloit brouiller avec la cour parce qu’ils ne pouvoient 53.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 4, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1654-1656. Livre XI-XVI
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