archieftoegang 215, inventarisnummer 9, pagina 175
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Transcriptie
Sincerité, je pensais qu'il falloit que je le fisse ressouvenir de tout ce que je lui avois dit et écrit de mes peines, et je commençai à lui dire que je m'etois soumisé, mais qu'il scavoit bien que je ne ezoiois pas que Mr. l'Evêque d'Ipres eut été heretique. Il me fit un grand discours fort. entremêlé pour me faire voir que ce n'etoit qu'un simple acquiescement que l'on demandoit de moi, et comme au commencement de son discours sene voulus lui repartir ce qu'il dissit, il me fit taire et quand il eut achevé son discours que je n'avois pas écouté, non par manque de respect, mais par l'accablement de raisonnemens qui se formoient dans mon esprit Je lui dis, Mgr. je vous prie de permettre que j'aille a l'fort. Royet des champs. Il reprit la parole en disantrelle vent allera P. R. des Ch. il l'y faut laisser aller. La Mere commença à me prêcher et à me dire que je m'expossis; mais je ne repondis rien; car je ne regardois que la porte, et ceux qui font dans les cachots ne desirent pas avec plus d'ardent d'en sortir, que je defi- roix sortir de ce monastere non pour donner la liberté à mon corps, mais à mon esprit de disverner le bien d'avec le mal, et c'est une étrange Captivité que celle qu’on ne fait pas si elle doit durer autant que la vie. Voilà le tat où j'etois qui etoit une petite image de l'Enfer, sinon que Dieu laisse au fond de mon cœur une ferme esperance en lui. Mgr l'archer. se mit à me presse- presser par des exhortations et à me dire qu'il m'ai meroit bien mieux à Paris. Il me dit que si je voulois partir aujourd'hui de me tenir prête et de ne pas faire attendre à la porte. Assurés vous me dit il, que si vous m'etes bonne fille, je vous serai bon pere, et que vous ressentirés les effets d'une charité et d'une amitié d'un veritable pere. J'etois si pressée de sortir que je ne fis pas seulement le pacquet de nos hardes, je ne songeai qu'a mettre mon corps de hors. Je sortis donc comme j'y etois entrée aiant été aussi captive le dernier jour que le premier. Je n'ai jamais mis le pied dans leur refectoir, ni dans aucun autre lieu de leur maison. Nous arrivances a la Visitation de Ste. Marie en dehors car on ne nous logea pas en la Clôture Il y avoit deja de nos jours arrivés. Nous nous saluâmes tout de même que si nous eussions toutes été du même sentiment, et nous letions aussi pour le cent et pour l'union, mais non pas pour l’action. car mes sœurs etoient libres, et moi j'etois esclave elles avoient resisté aux hommes pour obeir à Dieu, et moi en voulant obeir à Dieu et aux hommes tout ensemble, j'avois dessber à Dieu, Nous etions dans un Parloir de dehors et delà on nous conduisit dans un lieu que lon nous avoit preparé pour nous coucher, et quoi qu'à cause de mon action, je devois leur être toute opposée, nous fîmes tout comme si nous 131
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 9, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Diverses relations, 1644-1666. Captivités des sœurs Briquet et Dupré. Touchant la séparation du bien, 1666 mars. Maladie de Suzanne Champagne, 1666 sept. 26. Récit de la conduite de Mgr. de Harlay, 1671-1695. (Amf. 10, 18 et 19)
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