archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 219
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16. acquita avec un soin et un ordre aussi grand que s’il eut ete question des choses les plus importantes. Elle avoit toujours l'esprit si pré- sent, qu'il sembloit qu'elle ne fut jamais distraite, ou bien si elle avoit des rtractions, elles étoient si legéres, et elle s’y attachoit si peu, qu'elle étoit toujours capable de parler et de goûter les choses de Dieu, pour lesquelles elle avoit un merveilleux respect, et elle étoit si touchée des lecaires qu’elle entendoit, qu'elle en étoit péné- tree de zele et de dévotion. On voyoit toujours en elle une modestie également humble et grave qui ne permettoit qu'on prit avec elle une liberté legére, mais aussi qui ne donnoit point d'eloignement, et on pouvoit dire d'elle la parole de l'Ecriture, qu’il n’y avoit point d’amer¬ tume dans sa conversation, mais plutot un agrément qui edificit et consoloit tout ensemble. Elle retranchoit ce quelle pouvoit de ce qui lui étoit nécessaire pour les besoins de son corps et se plaisoit beaucoup à la pauvreté en toutes choses: Elle recevoit les avertissemens qu'on lui donnoit de ses fautes, quoiqu'elles fussent légéres sans s'excuser mais plutôt y ajoutant quelque circonstance pour les rendre plus con- siderables. Elle s’estimoit incapable de toutes les choses qu’on lui ordon¬ noit de faire pour lesquelles on jugeoit quelle avoit un talent particu¬ lier ne croyant point du tout avoir aucun avantage sur les autres, et regardant son esprit coe fort commun et fort mediore, encore qu’il fut fort rare d'en trouver un si judicieux et si intelligent, elle se rendoit néanmoins a tout ce qu'on vouloit qu'elle fit, dont il ne lui restoit que de la confusion, quoiqu’elle s’en acquitât parfaitement bien. Dans ses maladies, elle demeuroit dans la même douceur, et dans la même tranquillité qui étoient ses dons particuliers, il n’y avoit point de peine à l’assister, et elle recevoit les services qu’on lui rendoit avec une grande reconnoissance, elle etoit presque toujours dans le silence, la paix de son esprit etant suffisante pour lui ôter l'ennuy qu'on a d’ordinaire dans cet état. A l’heure du grand silence, elle avoit tant d’égard à n’y point manquer qu'à peine parloit elle des choses necessai¬ res, ou bien elle le faisoit si succinctement que les paroles qu’elle disoit ne rompoient pas le silence. Comme elle aimoit beaucoup Dieu, elle embrassa avec ferveur de ne point signer le formulaire, et pendant tout le tems qu’on étoit toujours dans les allarmes dans la croyance qu’il arriveroit ensuite quelque grand renversement dans la maison, elle demeura dans la paix ne pensant qu'à se préparer à tout ce qui pouvoit en arriver: Ainsi elle ne fut point surprise de se voir au nombre de celles qui furent enlevées de la maison: on crut que Dieu avoir adouci son exil, en ce qu'on la mit dans un Couvent dont elle connaissoit la superieure, avec laquelle elle avoit eu dans le monde une amitié fort intime, mais peu de mois après, Dieu retira de ce monde cette Mére dont elle eut une extréme douleur. Elle donna une grande édification dans cette maison, et de même quand on fut revenu dix mois apres, dans notre communauté on remarqua en elle un grand accroissemt dans une vertu solide qui la rendit plus forte, qu’elle n’avoit pas encore été pr perseverer dans la captivité et la privation des Srs sacremens, où on nous avoit reduites. Elle parut 469. Elle parut dans sa demiere maladie, qui a été extrémemt pénible et facheuse, dans une disposition si détachée de tout qu'il sembloit quelle ne fût plus déja dans le monde, et elle reçut ses maux coet son purgatoire qui la devoit purifier pour se pré- senter devant Dieu : Elle disoit souvent dans un grand mouvemt de dévotion les paroles du Prophéte: Laetatus sum in his quae dic ta sunt mihi, in domum domini ibimus et les autres paroles qui expriment le désir d’une ame qui veut être uniquement à Dieu. Quid mihi est in coelo et à te quid volui super terram. Elle s’at- tendoit de ne point relever de cette maladie, ce qui ne lui donnoit point de prayeur ni de crainte; au contraire celui étoit un sujet de joye, quand elle se sentit plus mal. Vne sœur lui ayant dit avec beaucoup de douleur que son mal alloit de pis en pis, elle lui répondit avec un visage, souriant, qu'il falloit plutôt dire, de mieux en mieux. Ce qui l’occupoit davantage étoit le désir du Salut de ses enfans, à quoi elle pensoit continuellement durant sa santé; ce qui lui faisoit dire qu'elle auroit mieux aimé que ses deux fils eussent été reduits à demander du pain de porte en porte, pourvu qu’ils eussent la crainte de Dieu et là- ni que dessein de se sauver, que s’ils eussent été des Souverains dans le monde avec une vertu medioore. Peu de tems avant sa mort ayant appris que son 2e. fils qui s'étoit donné à Dieu- il y avoit deja plusieurs années, se confirmoit de plus en plus dans la résolution de ne prendre jamais de part au monde, et de préférer la pauvreté de J.C. à tous les biens qu'il auroit pu avoir, elle en reçut une consolation si grande que le jour de sa mort, coed on la plaignoit de l'état tres pénible où elle étoit, elle répondit que sa joye sur passoit de beaucoup ses douleurs. sa paix et sa confiance en Dieu n’ont pu être troubles durefus qu'on lui fit quelques jours avant sa mort delui donner les derniers sacremens, parce qu'elle refusa avec une constance ad- mirable la signature du formulaire qu'on lui demandoit. Elle a cru que ce traitement si sévère lui obtiendroit une plus grande part à la miséricorde de Dieu, et que le vraiasteur recevroit entre les bras une ame rejettée et abandonnée de celui qui tenoit sa place en terre. Elle a été regrettée de route la Communauté qui perdit en elle le modele d'une véritable Religieuse. Il ne s’est trouvé personne qui n'ait assuré qu'on n'avoit rien remarqué en elle qui pût diminuer de la moindre chose l'estime que sa vertu obligeoit d'avoir de toute la conduite de sa vie. 14 Decembre.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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