archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 218
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Transcriptie
e66 13 Decembre Ce jour mourut Dame Marie des friches Religte Professe de ce Monastère Ce même jour mourut Dame Catherine Maillard Religte Professe de ce Monastère Ce même jour 1641 mourut la Venerable Mére francoise fremiot de Chantal fondatrice et 1ere Religieuse dela Visi- tation de Ste Marie, laquelle a laissé une odeur de Sainteté dans l'Eglise par les exemples de ses rares vertus qui nous doivent être en une particulière recommendation, ayant eu grande part à sa chanté en la personne de notre Mére la M. Marie Angelique qu'elle affecti- onnoit beaucoup et toute notre maison, coe avoit fait St francois de sales Evêque et Prince de Genêve son Directeur et Instituteur de la Ordre: Elle a plusieurs fois honoré notre Monastère de Paris de ses vi- sites dont la demiére a én seulement six semaines avant sa mort. Ce même jour 1667 mourut ma soeur Anne de Sre Eugenie de Boulogne veuve de Messire francois le Charon Baron de St Ange- 1er Maître d'hôtel de la Reine Anne d'Autriche, laqte. dès son enfance aussitôt qu'elle connut Dieu désira d'être à lui. N'ayant encore qu’onze ans elle voulut être Religieuse, elle persévera dans ce dessein jusqu’à l'âge de 15 ans dans la pensée de l'ésecuter par quelque surprise sans qu'on l'en put empêcher, mais encore qu'elle n'en dit rien à personne Messrs ses parens ayant jugé qu’elle avoit ce dessein dans le coeur se hâtérent de la marier, à quoi elle se rendit avec une extréme douleur, ayant cru devoir être obligée de leur obéir. Il y a lieu de croire que Dieu ne lui imputa point la faute qu'elle faisoit de ne point correspondre à sa voca- tion, et qu’il la soutenue de sa main pour la préserver des périts qui se rencontrent dans cette condition à l’égard de tous ceux qui y entrent, et particulierement des personnes qui ont à vivre à la Cour qu'on peut appeller le monde du monde, et où la vanité et la conception régnent si puissamment qu'il n'y a rien de si rare que de s'en préserver. et c'a été la grace que Dieu lui a faite, non seulement de ne se pas attacher à ce qui a accoutumé de charmer les autres, mais de faire voir par sa conduite qu'encore qu'il soit difficile d'allier le service qu'on doit à Dieu avec tous les devoirs auxquels on est obligé dans cet état, l’on peut néanmoins satisfaire à l'un et à l'autre, lorsque l'on est fidele à Dieu autant qu'elle l'étoit. Elle demeura quelques années au milieu de ces deux tentations, de la vanité et des richesses, mais Dieu qui veut sauver les ames par une voye qui ait rapport aux Maximes de son Evangile par lequel il ne promet que a ses élus que desregraces dans le monde, lui montra que sa providence avoit veillé sur elle, pour l'engager avec une personne qu’on estimoit fort riche, et qui se trouva aucontraire entiérement ruine, dequoi elle fut fort surprise et affligée dabord, mais ayant reconnu le doigt de Dieu dans cet évé¬ nement, elle s’y soumit, et se reduisit a une dépense fort mediocré et n’ayant plus que le bien qu'elle avoit apporré dans la maison elle se gouverna si sagemt et avec tant d’oeconomie qu’elle fit toujours subsister honorablemt sa famille. Elle avoit une grande inclination a secourir les pauvres, ce quelle fit paroître principalemt. en deux occasions fort remarquables. La 1ere fut qu’en une année où le bled 467. ou le bled etoit fort cher, elle en faisoit donner à tous les pauvres qui venoient par troupes de 8 lieues loin, et côet on l'eut averti qu'il n'y avoit plus gueres de bled, et que ce qui restoit ne suffiroit pas pour la maison elle répondit qu’il en faudroit achetter quand il seroit fini, mais qu'il ne falloit point en refuser aux pauvres: cette parole pleine de foi, de confiance, et de charité attira la bénédiction de Dieu qui fit durer ce reste de bled tout ce qu’il fut necessaire. La 2ème occasion où elle signala sa charité fut que le village qui étoit proche du châreau ayant été frappé de la contagion, quoiqu’elle fut encore jeune, elle ne pensa point a sa conservation, mais elle y demeura pour mettre or- dre à tout: Elle pourout les malades de Chirurgiens d'Apothicaires, et de tous les remedes necessaires, coe aussi de la nourriture dont ils avoient besoin, ce qu'elle continua de faire pendant la durée de ce mal, qui fut si violent qu'il ne demeura que tres peu de monde, le reste étant mort. Aussitôt qu’elle fut revenue dans ce fort de la douleur ou elle éwit de la mort tres soudaine de M r son Mari, elle se tourna vers Dieu, en lui disant ces paroles du prophéte. Vous avez seigr. rompu mes liens, je vous offrirai une hostie d'action de graces: Elle ne pensa donc plus qu'à se faire Religieuse, après qu'elle auroit mis ordre aux affaires de sa famille. Elle se hâta de rachetter le tems non par des penitences extérieures quelle ne pouvoit plus faire, mais par des fruits dignes de Dieu; Elle se dépoüilla entierement de son esprit propre, et n'apporta a la Religion qu'un esprit de docilité et de soumission. L'on apprehendoit que la lon¬ que accoutumance qu’elle avoit à Commander l’ayant remplie d’une prudence humaine qui discerne toutes choses ne l'empechat de porter res- pect aux observances de la Religion qui paroissent petites à des esprits relévez; mais coo elle avoit été toujours fort chretienne, elle pratiqua- cette maxime de St Paul, que ce qui lui avoit été un guain, elle l’estimoit une perte afin de gagner J.C. On voyoit donc en elle beaucoup moins de reste de l'esprit du monde qu'on n'en voit en dejeunes filles qui entrent en Religion: et ce changement ne se fit pas par un renversement et un effort qui n’a pas quelquefois de durée, mais par une facilité de l'es¬ prit de Dieu qui la faisoit commencer par où les autres achevent, en ouvrant son cœur pour la faire courir dans la voye deses commandemt ce qui lui fit pratiquer ces divines paroles du fils de Dieu: Aprener de moi que je suis doux et humble de coeur, qui ont été les vertus dont elle a don- né le plus d'exemple, et qui l'ont mis en état de recevoir le Royaume de Dieu coe enfant selon la parole de l'Evangile; sa charité sa cordialité pour toutes ses sœurs étoient extraordinaires, elle cedoit à toutea elle leur donnoit des témoignages de bonté si uniformes et si continuels qu’elle n’a jamais donné aucun sujet de peine à personne, ne trouvant jamais a redire à rien, mais plutôt s’edifiant de tout. On la voyoit toujours croitre dans la vertu; il y eut une rencontre où l’on remarqua qu’elle s’élevoit toujours au dessuidelle même, qui fut à la mort de trois de ses petites filles qu'elle aimoit tendrement; Elle pleura las Elle ne pleura point la 2de. et la mort de la qui étoit la plus aimable de toutes lui causa de lajoye, et la porta à remercier Dieu, de ce qu'il les avoit renrées dans leur innocente, elles ont été enterrées toutes trois a P. R. de Pa- ris avec Madame de Boulogne leur ayeule. La faiblesse de son corps ayant empeché qu'on ne se servit d’elle dans les principaux emplois du Monastère dont elle étoit tres capable, on lui donna une des moindres obeissances, dont elle eut une parfaite satisfaction, et s'en acquita
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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