archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 198
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Transcriptie
426. Ce même jour 1690 mourut à Corbeville paroisse d'Orsay Claude de Ste Marthe Prêtre du dioccze de Paris. Dieu qui l’avoit choisi pour en faire un excellent ministre de son Eglise lui donna beaucoup d'éloignement du monde, aussitôt qu’il en put connoître la corruption et la vanité pour s’en préserver, et pour mettre son innocence à couvert des piéges que les plaisirs et les honneurs lui pouvoient tendre. Lorsqu'il eut achevé ses études il se retira en poitou à Chant d’oiseau, fuyant le vain éclat qu'on cherche assez souvent dans les sci- ences les plus saintes, et renoncant aux degrez de l’Université dans les quels on le pressoit de s'engager. Il ne pensa dans cette solitude qu'à faire un Sr usage de son tems pour l'éternité; Il en partagea son tems tous les momens entre les exercices de piété de la penitence de l’étude des choses saintes et dela de mine del’Eglise. Toute son occupation étoit de nourrir son âme de la priere, du pain des larmes et de la verité qu’il puisoit dans les sources de l’Ecriture Ste et de la tradition: Il ne laissa pas stérile dans son Esprit les connoissances qu’il travailloit à acquerir par une lecture continuelle et infatigable des Srs Péres et des Docteurs de l’Eglise; mais il travailloit avec encore plus de soin à attirer dans son cœur l'onction de l’esprit de Dieu pour y faire germer et fructifier cette semence divine, lamour de la retraite se fortifiant en lui de plus en plus, il entra dans une communauté d’Ecclesiastiques pour y vivre dans une plus parfaite séparation du monde, et dans une entière dégagement de toutes sortes d'affaires seculiéres. Il s'y tint dans une grande solitude et dans un recueillement et un silence si profond, qu'il n'y eut de commerce qu’avec Dieu, ne voyant les personnes de cette maison qu’à l’Eglise et dans les lieux de Communauté, et ne parlant jamais qu’autant que la nécessité de la charité l'y pouvoit engager. Apres qu'il se fut ainsi élevé au dessus de toutes les cho¬ ses de la terre, et qu’il eut travaillé par ses saint éxercices à à purifier son cœur et son esprit de toutes les idées et detoutes les affections du siecle pour se mettre en état de consulter la volonté de Dieu, et se rendre digne d'entendre sa voix, Dieu lui fit connoître qu’il l’appelloit au ministère de ses autels, et au service des ames et de son Eglise. se voyant élevé a la dignité du Sacerdoce de J.C. son unique soin fut de se conduire d’une maniére digne d'un état si divin pour répondre à la grace de celui qui l'avoit appellé pour s'acquiter avec fidelité des foncti- ons de son ministère. Il chercha pour fortifier le zéle dont il se sentoit embrazé à se joindre avec les personnes qu’il scût connoître plus parfaitement les maximes de l'Evangile et les veritables regles dela 7. de la discipline de l’Eglise pour la conduite des ames et dans les quelles il vît une plus grande abondance de l'esprit de J. C. et plus d’amour pour son lglise. La reputation de M r Singlin Confesseur de ce Monastere, et le desir de se renouveller dans la pieté, l’engagérent a chercher les moyens de s’unir a lui, des qu’il fut connu, il le jugea digne des emplois les plus importans du Sacerdoce; mais son eloignement pour tout ce qui pouvoit le distin- guer, et l’amour de la retraite lui firent préférer cette maison à celle de Paris A peine y fut il établi qu'on le pressa de se charger de la Cure de Mondeville qui en étoit dépendante, il ne l’accepta que parce qu’il la vit sans Pasteur, personne ne voulant aller dans un lieu desolé par les guerres. Il en remplit les devoirs d'une manière toute Apostolique, il n’y vivoit que de pain et d’eau, sa maison était ouverte aux pauvres, il les consoloit par ses instructions, et les soulageoit par ses libéralitez. Il y regla les differens de la Noblesse, et y rétablit la paix dans les familles; Les soins qu’il prit des malades lui causerent une fievre dan¬ gereuse; l'état où elle le reduisit par sa langueur le détermina à évécuter le dessein qu'il avoit déja formé de s'en retirer n'at tribuant qu’à lui-même le peu defruit qu'il remarqua dans son peuple. Lorsqu’il eut recouvré la Santé, il revint ici, où apres une longue résistance il fut appliqué à la conduite des Religieuses et à la Predication. Il annonçoit les veritez saintes avec une onction qui les faisoit gouter pleinement, et sans vouloir prendre d'autorité sur les ames, il mettoit son attention à unir la force chretienne. à la douceur Evangelique pour les attirer à Jesus Christ. Les troubles arrivez a ce Monastére l'obligerent de s'en éloigner, mais ils ne servirent qu'à redoubler son zéle et surmontant tous les obstacles qui pouvoient s'y opposer, cette communauté lui fut redevable des plus solides consolations. Son amour pour la verité n’a jamais recu la moindre atteinte; Il s’est souvent exposé pour la soutenir. Il hazarda même de perdre la liberté pour la procurer à une personne sans appui. sitôt qu’il lui fut permis de revenir en ce lieu, il y reprit ses prémiéres occupations, donnant le reste de son loisir aux éxercices de charité les plus penibles. Bien qu'il eût beaucoup d'élévation d’esprit, et qu’il eut joint à ses talens naturels un profond Savoir, une modestie chrétienne soutenue d'une sincere humilité le cachoit pour ainsi dire à lui même, et le por- toit à n’employer ses lumiéres qu’aux occasions plus pensables. Il aimoit tellement la pauvreté, qu’il se privoit meme des choses les plus necessaires: l’innocence de sa vie n’a pas empêché que son austerité ne fut singulière et sa penitence continuelle. Quelqu’affection qu’il eût pour ce Monastère, il fut obligé de s'en retirer une 2e fois en l'année 1679. Il se sentit alors coe decharge d’un poids qui lui avoit toujrs. paru terrible par le compte qu’il en devoit rendre.
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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