archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 188
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Transcriptie
406 plusieurs de fort importantes, et qui demandoient non seulement la capacité qu'il avoit pour les affaires, mais encore beaucoup de courage et d'amour pour la justice, afin de ne craindre pas de s’exposer en servant des personnes qui souf- froient pour elle: Il n’a refusé aucune de ces occasions; il n‘a apprehendé aueun perit: il a regardé coe un avantage les peines qui lui auroient pu arriver pour avoir fait une bonne œuvre: et en effet il s’est rendu digne de cette recom¬ pense; car ce fut sa charité qui lui merita une prison de dix mois à la Bas¬ tille, sa vertu ne parut jamais plus grande que dans cette epreuve; il conserva une paix et une douceur d’esprit tout le tems qu’elle dura qui lui faisoit regarder la prison coe un lieu de retraite, en ce quelle lui donnoit le loisir qu'il avoit souvent souhaité d'avoir, pour s’appliquer davantage à la priere et à la lecture, dont auparavant ses occupations le detoumoient souvent mal gré lui. Il s’acquit dans ce lieu l’estime de tous ceux qui l'y connurent par et le zele de sa pieté, qui faisoit qu’il ne pouvoit souffrir des pa¬ roles qui la deshonnoroient sans en temoigner sa peine; Il avoit eu le pouvoir de retenir en sa presence des personnes fort accoutumées a cette dangereuse liberté. Son innocent ayant du être justifiée, puisqu’il ne se trouva rien contre- lui dans toutes les recherches que l’on fit pendant dix mois, Il se croioit sur le point daller sortir de prison absous, lors qu'il recut un Ordre nouveau qui le reléguoit en Basse Bretragne: Il fut surpris, mais il ne fut point troublé. C'étoit avec tant de Sincerité qu’il s’etoit mille fois offert à Dieu, pour lui sacrifier quand il le voudroit, son repos sa liberté et sa vie qu'il se trouva dans ce moment tout disposé à le faire: Et Dieu receut avec tant d’agrément la bonne odeur de ce sacrifice qu’il n’en differa gueres la consommation: Deux mois d’exil l’acheverent, après qu’il eut repandu dans celieu, la même edification qu’il avoit laissée dans la prison; s’étant séparé de toutes les conversations et les divertissemens que les personnes les plus considerables lui offroient pour adoucir l’ennui de son barmissem! et n’ayant cherché sa consolation que dans la meditation de J. C crucifié, dont il faisoit sa joye, et dont il tiroit toute sa force, coe il l'écrivoit deux jours avant que de tomber dans la maladie qui le conduisit par la mort à une vie immonelle, coe nous avons tout sujet de l'esperer. Il est enterré à Quimpercorantin lieu de son évil. Ce même jour 1682 mourut à Paris Marguerite faveroles agée de 69 ans, veuve de noble homme Jean Hamelin Conseiller du Roi et Con¬ trolleur général des ponts et chaussées de france, tres particuliére amie de ce Monastère depuis plus de 40 ans: Elle fut touchée de Dieu en 1642 à l’age de 28 ans, par une occasion qui marque que la conception n’avoit pas encore gagné son coeur, quoiqu’elle vécût dans le monde, coe les autres personnes de sa condition qui ayant du bien ne pensent qu'à y paroître, et à s’y élever par des moyens honnêtes: étant allée aux prisons un jour qu’on y faisait l’exhortation aux prisonniers, Mr du Hamel qui la faisoit sap¬ perçut qu'ils avoient plus d'attention à la regarder qu'à écouter ce qu’il leur disoit : Il la fit avertir par une Dame de ses amies, que si elle avoit dessein d’y revenir, elle s’accommodât de manière qu’ils ne la pussent voir: Elle recut cet avertissement de Si bonne grace, que ce fut l’occasion qui lui fit prendre con- fiance dans cet Ecclesiastique, qui depuis lui donna connoissce. de M de Singlin, sous la conduite 40 sous la conduite de qui elle se mit: sa grande docilité lui fit faire peu à peu, et à mesure qu'elle avoit plus de connoissance de ses devoirs, tout le progrêt que l'on pouvoit espérer et souhaiter; et elle retranchoit coe par degrez tout ce qu'elle appercevoit tenir encore de l'ajustement, et de la vanité du monde, elle en usa de même à l'égard de ses enfans qu'elle fit habiller avec la même modestie. Elle procura à l’aîné de ses fils agé de neuf ans, et qu'elle aimoit tendrement une education chretienne, en l'envoyant en 1643 en cette maison des champs, où les Religieuses n'étoient pas encore revenues, pour y être élevé dans la crainte de Dieu, quoique cette separation lui fût fort sensible; et depuis elle y envoya son second fils. L’eloignement qu’elle avoit concu des Maximes et des vanitez du siecle lui fit faire le premier pas pour en sortir, par la liberté qu'elle prit d'en faire elle même en 1644 la proposition à son Mari: Il l'agréa, et s'étant joint à elle dans ce pieux dessein, ils abandonnérent toutes les présentions qu’ils pouvoient avoir dans le monde, et quitterent secretem! leur famille, pour vivre dans une séparation entiére de toutes les personnes de leur connoissance. Ce fut dans cette sainte retraite que persuadez des avantages qu'il y a à servir les amis de Dieu et de sa vérité, Elle n’eut pas moins de joïe que M r son Mari d’y recevoir ceux qui étoient obligez de se mettre à couvert des passions des hommes, et les autres personnes qui vouloient se sauver des perils et des tempêtes du siecle. L’exemple des uns, et la conduite quelle prit des autres contribua beaucoup a son avancement. son cœur étant eod une bonne terre bien culti¬ vée, produisit de plus en plus des fruits de graces qui n’ont cessé de paroître en elle, s’étant appliquée jusqu’à la fin de sa vie à toutes sortes de bonnes œuvres, et a un exercice continuel de charité, assistant les pauvres de tout ce qu'elle pouvoit, les visitant, et les pensant elle même dans leur maux. Quoiqu’elle n’eut rien negligé pour donner à tous ses enfans une éducation chrétienne ayant appris que son salut y était attaché, elle prit encore un soin plus particulier de sa fille unique. Elle fit ce qu'elle put pour l'éloigner de tout ce qui ressentoit la vanité et l'esprit du monde: Elle se ressouvenoit de la grace que Dieu lui avoit faite de l’en détromper de bon ne heure, et elle se faisoit un devoir de reconnoissance d'empêcher que sa fille n’en fut seduite: Elle crut ne pouvoir mettre ce cher dépôt en plus grande sureté que dans ce Monastère, et elle fit a Dieu ce sacrifice avec une joye inexprimable: ce fut coe un nouveau lien qui l’unit encore davantage a cette Maison. Et loin que sa temp charité se ralentit dans la tempête que l’on excita contre nous, au sujet de la signature, on la vit- croitre et s’armer de zéle et de courage en cette occasion. Il y parut aussi pour sa fille une augmentation d'amitié, en quoi elle fit bien voir qu'elle s'étoit dépouillée de ces affections trop humaines que la plus part des Méres ont pour leurs enfans. Après la mort de M r son Mari, Elle- souhaita avec ardeur de venir finir ses jours avec nous; mais ne l’ayant pu obtenir, elle demanda que son corps y fût apporté apres sa mort. Elle est morre d'apopléxie, lors quelle étoit occupée à lire la parole de Dieu. Elle est enterrée à la porte de notre Eglise du dedans, qui est la place qu’elle s’étoit destinée 6 Septembre. Ce jour 1675 mourut ma soeur francoise de Sre Agathe de S te Marthe Religieuse Professe de ce Monastere; Elle fut touchée de Dieu, lorsqu’elle avoit leplus d'opposition.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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