archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 182
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^ 393 embrasser toutes ces Novices avec plus de joye, que de crainte qu'elles ne fussent à charge à leur Monastéré. huit mois après neuf Reli- gieuses de la même Abbaye de Maubuisson qu’elle y avoit recues Professes demandérent et obtinrent du General de l’Ordre la permis- sion de venir à Port Royal, où elles demeurerent jusqu’à ce que la Mere Marie des Anges, ayant été treé de Port Royal pour être Abbesse de Maubuisson, les y reména avec elle. Elle reçut aussi huit autres Religieuses de notre Ordre qui désiroient vivre plus réguliérement qu'on ne faisoit en leur Monastère. Ne pouvant loger le grand nombre de filles, qui etoient plus de 80. On lui conseilla de faire une 2. maison à Paris, pour etre une décharge de la Maison des Champs: Elle fit prier Dieu en commun pour ce dessein l’espace d’une année; y ayant des marques que elle Dieu en faisoit l’ouverture par le mouvement qu’il donna à Mad. Amauld sa Mére de s’offrir pour achetter une maison, et la donner pour cette fin: mais n’ayant pu obtenir de Mg.r l’Archevêque de faire une 2de Maison, parce qu'il jugeoit alors plus à propos de faire une translation entiére du Monastère des Champs, elle fut obligée de faire venir toutes les Religieuses, qui y furent logées pendant plus. années fort à l'étroit: c’est ce qui lui fit entreprendre par l’ordre d’une personne, à la quelle elle avoit alors une entière soumission de com¬ mencer le batiment d’un grand Monastére; ce qui ne put se faire sans prendre a rente une grande somme d’argent, à quoi il étoit presqu’impossible de satisfaire, ce qui lui faisoit répandre beaucoup de larmes devant Dieu, craignant qu’il n’arrivât du scandale, si l’on venoit à manquer aux Creanciers. Ses priéres et sa foi furent regar dées de Dieu, qui la retira de cette peine d’esprit (qui lui fut une grande souffrance pendant plusieurs années) en inspirant à une Mde la Mar¬ personne de piété de choisir sa demeure dans ce Monastére, quise la quelle delivra presquentiérement la Mére Angelique de l’accable Daumont ment où elle étoit. Le soin des affaires temporelles n’empecha pas qu’elle nepensât encore davantage aux moyens les plus capables de fortifier le bien spirituel: Elle considéra qu'il étoit nécessaire de mettre sa Maison sous la jurisdiction de l’ordinaire, puisqu’on ne trouvoit plus dans l'Ordre de Citeaux le secours dont on avoit besoin pour se maintenir dans une entière réforme: Ce qu’elle representa à N. S. P. le Pape Urbain VIII qui lui accorda favorablement sa demande: et sachant encore que la Régularité s’altére aisement dans le changement de conduite qui arrive par l’introduition des Abbesses qui viennent du dehors; elle travailla pour obtenir le droit d’élection, qui lui fut accordé par la bonté du Roi Louis XIII. et se trouvant alors dans la liberté de se démettre de sa charge, comme elle l’avoit tant desiré plus de vingt ans durant, elle executa ce désir, et fit élire en sa place une Religieuse d'une grande vertu du nombre de celles qu'elle avoit reçues, à la quelle elle se soumit, coe si elle fût entrée de nouveau dans la Religion. Quelques années après qu’elle se fut démise de sa charge, elle fut nommée par le Pape pour établir un Monastère que Haute et Puiss. Princesse Loüise de Bourbon Duchesse de Longueville vouloit fonder en l’honneur du tres Sr Sacrement. Elle y alla par la permission de Mg. l’Archevêque avec trois Religieuses de cette Maison et trois Postulantes; Ce pet 394. Ce fut dans cette Maison qu’elle entra dans une nouvelle ferveur et dans un esprit de pénitence et de mortification, qui faisoit connoî- tre qu'en quelques degrez de verra que l'on soit on peut toujours aug- menter, et qu’il n’y a point de bornes dans la perfection chretienne et religieuse. Les soeurs qui étoient avec elle eurent part à ce renou- vellement de grace, qui se repandit sur toutes les personnes qui étoient dans cette Maison, ensorte que cette petite Communauté qui n’étoit que de douze personnes donnoit de l’admiration et de l’émulation aux Religieuses du grand Monastère qui en avoient con- noissance. Néanmoins ces heureux commencement n’ayant pas eu de suite pour cette fondation là par des empêchemens qui vinrent du dehors, et parce que la dite fondation n'étoit pas suffisante pour faire subsister la Maison; La mere Angelique et les autres Religi¬ euses la quitterent par l’ordre de Mgr l'Archevêque pour revenir en celle ci. Mais comme elle avoit dans le coeur un ardent amour pour la vénération du Sr Sacrement, elle obtint du Pape innocent X. que l'obligation de cet Institut, qui étoit d’adorer jour et nuit J. C. dans ce divin sacrement, seroit transferée dans ce Monastére, et que Nous en prendrions l’habit et le titre. Pendant la poursuite de ce dessein, y ayant deja douze ans que la Mere Angelique s'enit demise de sa char- ge d'Abbesse, elle fut élui contre son gré; les Religieuses qui l'avoient toujours regardée comme leur vraie Mére ne pouvant souffrir d’être privées de sa conduite: c’est ce qui les porta à la continuer jusqu’à douze ans, en ayant eu une permission du supérieur. Elle prit ce gouvernement, comme si elle ny eût jamais été s'étant revetue d'un esprit tout nouveau qui la rendoit une parfaite supérieure, et une Mere incomparable pour le soin la charité la douceur, et tout ensemble le zele et la force qui la remplissoit et dont elle avoit besoin pour porter les autres à la perfection de leur état: Dieu lui don- noit pour cela des paroles si efficaces, qu’elle gagnoit les coeurs, et leur donnoit des idées, qui ne sont pas connues, de la vertu religieuses, et en particulier du desintéressement où il faut être pour ne pas désirer l'ac- croissement du temporel de la Religion, ou la faveur du monde en rece¬ vant des filles riches et de consideration pour être religieuses: Elle mettoit pour fondement du detachement où elle desiroit qu’on fût un vé- ritable amour de la pauvreté, qui consiste dans le retranchement de toutes les choses qui ne sont pas necessaires; et craignant qu’on ne détruisît d'un côté ce que l'on vouloit établir de l'autre, elle retrancha même de l’ornement de l'Eglise, tout ce qu'il y avoit de riche pour se ré¬ duire à une simplicité mediocré, ne pouvant pas imiter en tout les premiers statuts de l’Ordre de Citcaux, auxquels elle eût desiré de se con- former entiérement. La charité pour les Malades qu'elle avoit toujours exercée depuis Sa réforme faisoit la principale de ses occupations, les servant de Ses propres mains, veillant auprès d’elles, et les assistant sans relâche dans les grandes maladies jusqu’à la mort; elle n’avoit pas moins d'affection pour secourir les ames imparfaires, aunquelles elle s'appli- quoit avec des soins extraordinaires, et leur donnoit une grande liberté de lui decouvrir leurs peines, sans s'ennuyer, lorsqu'il falloit leur parler souvent et longtems pour cela. La charité particuliere n’empêchoit pas la charité generale: Elle exhortoit toutes les Sœurs en commun avec beau¬ coup d'affection et d'ardeur, et d’une manière si capable de persuader ce quelle disoit,
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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