archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 179
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ius. du grand monde, et les amuzemens de la Cour l’avoient engagé: il avoit l’angui dans cette misere jusqu’à l’âge de quarante ans dans ce tte misére couverte des vaines apparences de la joye et du plaisir, toujours transporté de quelque violente passion, abandonné au jeu, depensant tous les ans dix mille Escus plus que son revency resistant aux mouvemens que Dieu lui donnoit de tems en tems et aux reproches de sa conscience: mais dans cette vie si agitée l'estime de la vern et des personnes vernieuses subsista toujours dans son cœur; il fut toutjours fidele à ses amis, ami- de tous les miserables, ennemi de toute violence. Dieu le toucha enfin dans une maladie dont il crut mourir; ses propres maux, les avis de la Ducheste sa femme, leperil où il se vit l’ébranterent, mais une grande maladie survenue longtems après en l’année 1638. à cette vermeuse Dame, les exemptes qu'elle lui donna et la crainte qu’il eut de la perdre, acheverent de lui faire haïr la vie qu'il avoit menée jusqu’à lors, il rompit les liens qui l’attachaient au mal, il commença à en- trer dans la pratique du bien; mais il se contenta d’une vie assez commune durant plusieurs années, n’ayant alors trouvé dans la voye par où il ta- choit d’aller à Dieu que des guide peu capables de l’insmure des grandes veritez qui étoient comme enveloppées dans son esprit; et dont les sentimens ésoient au fond et dans la pente de son cœur, n’attendant que le moment et l’occasion que Dieu avoit marquée de toute eternité, pour lui donner une nouvelle vie; Dieu la lui donna en lui faisant connoître les veritez, et servant pour cela de ceux qu’il avoit destenez à souffrir pour elles, Il tourna de ce cote là toute la tendresse et la sensibilité de son coeur, qui n’aima plus qu’à faire penitence de ce qu'il avoit autrefois trop aimé; et ne s’inseressa plus que pour la verité et la justice Comme ce seigneur trouva l'un et lautre dans la cause de l’Eglise, il n’eut presque plus de joye et de tristesse que selon les bons et les mauvais succes de cette cause, et ces mouvemens écoient si vifs en lui, et faisoient une telle impression meme dans son corps, que l’on étoit obligé de lui menager les mauvaises nouvelles dans de certaines conjonquires. Ce grand amour de la justice qui lui fit aimer les regles les plus étroites de la peni- rence, et craindre tout ce qui portoit au relachement, lui fit porter humblem- et patiemment les douleurs et les maladies, les perres et les traverses, et chercher la retraite et le silence, comme les seuls moyens pour entretenir cette tristesse salutaire qui opere le salut L’amour de la verité la lui fit confesser hautement devant les hoes, il se fit un honneur de l'amitié de ceux que l’on tachoit de des honnorer pour elle, Il but avec action de grace le calice d’une confusion publique, ayant été traité par son propre Passeur comme un excommunié public et convaincu, pour n'avoir pas voulu rompre commerce avec les defenseurs de la doctrine, de la Morale, et dela discipline de l’Eglise: et il se resolut à tout perdre plutôt que de se separer de la charité de J. C. qui le tenoit si étroitement uni à ceux dont il s’étoit servi pour lui faire connoître ses devoirs. car on peut dire à la louange de la grace de N.S. I.C. qu’encore que le naturel de M r De Liancourt fût tres opposé à tout ce qui pouvoit le contraindre, il n'aima personne sur la terre à l'égal de celles qui l'avoient mis sous lejoug de J. C. Et ce fut cette considération qui augmenta beaucoup la tendresse, l’estime et la reconnoissance qu’il avoit toujours eue pour la Duchesse sa femme, ses sentimens pour elle alloient toujours augmentant, à mesure que la charité croissant dans son cœur, y éteignoit tout autre sentimt pour elle, et Dieu lui fit tant de graces, qu’il ne la regarda plus que comme sa sœur, et l’epouze de N. S. I. C. La crainte qu’il eut de la perdre, cette aide si utile, dans une 2de maladie mortelle dont elle fut attaquée, lui ayant ouvert les yeux, sur la seule superfluité qu’il eut conservée, et à la quelle il eut encore quelque attache. 0 u 073 assa St. attache, il promit à Dieu de vendre pour cent cinquante mille franco de tableaux, et d'en donner le prix aux pauvres, soit que Dieu lui con- servât la Duchesse, soit qu’il la retirat à lui; n’envisageant dans cette privation que d’être fidele à l’esprit de penitence dont il étoit plein; et de te temoigner à Dieu par la sa reconnoissance pour la conservation d’une personne si importante à son salut, s’il daignoit la lui laisser, ou sa soumission s’il avoit resolu de le priver d’une compagnie dont il se croioit indigne: Dieu recompensa sa soumission en exauçant ses souhaits, il lui rendit Madame de Liancourt pour plusieurs années qu’il passa à pré- venir et à suivre cette venueuse compagne en toutes sortes de bonnes œuvres. Dieu voulut enfin consommer sa pénitence en séparant par la mort si sainte de la Duchesse une société de 54 ans, que l’on peut regarder comme un exemple presque inouy d’une aussi longue amitié, sans traverser et sans refroidissement. Monsieur de Liancourt souffrit cette séparation avec toute l’humilité et la soumission d’un pénitent, comme une justice pour le passé, et comme une miséricorde pour l’avenir, la regardant ; d’un côté comme la plus rude peine qu’il pouvoit souffrir, et de l’autre comme la pénitence qui lui donnoit le plus de lieu de tout espérer de celui qui ne punit les siens que pour leur pardonner, et qui ne les blesse que pour les guérir: Il ne s’occupa que de ce sentiment depuis cette perte, louant les miséricordes infinies de Dieu, au milieu de son affliction et travaillant sans relache à faire les retranchemens qu’il croioit nécessaires pour donner plus abondamment aux pauvres, dont il avoit les besoins si présens, qu'il paroissoit ne penser qu'à les soulager: Mais la tristesse avoit fait une si forte impression sur son coeur, tout soumis qu’il étoit, que son corps succomboit à mesure que son esprit se relevoit, il retournoit à Liancourt au retourd'une retraite qu'il avoit faite en ce monastère, lorsqu’il tomba malade à Paris, le seul lieu du monde où il craignoit de mourir, depuis l’injustice qui lui avoit été faite, dont il n’avoit néanmoins aucun ressentiment, sachant que les pénitens sont particulierement obligez de tout pardonner; il accepta donc encore cette peine, porta pariemment la violence de sa maladie, et la privation de toute resolution; et apres avoir recu tous les sacremens, témoigné sa vie. l’extreme regret qu’il avoit des pechez passée et appris avec joye la nouvelle de sa mort prochaine, il alla à Dieu âgé de 76 ans Il laissa par son testament dix mille francs à ce monaster au dehors duquel il s’étoit fait vâtir un appartement, ou il aimoit à la retirer; il eut beaucoup de charité pour cette communauté, s’intéressa fort à toutes les révolutions que la providence de Dieu a permis qui y soient arrivées: Il défendit par le même testament toutes les pompes ordinaires aux obsèques des personnes de cette qualité, ordonna que la comme à laquelle elles pourroient revenir, fût employée à vétir les pauvres, et voulut qu'un de ces pau vres portat une torche ardente au Convoy devant son corps, en signe de l’amande honorable qu’il avoit desiré faire lui même des pechez par lesquels il avoit autrefois scanda- lizé le public. Son corps fut porté a Liancourt sans aucune cérémo- nie, sans en donner avis sur le passage, et n’y arriva que dans la nuit, Mais toutes ces précautions n’empechérent pas qu’à deux lieües de Liancourt, les chemins ne se trouvassent bordez de peuples, et de toutes sortes de personnes, qui venoient de tous côtez pour honnorer le passage de celui qu’ils regardoient comme le Père des Pauvres et le consolateur des affligez. Ce meme jour
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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