archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 177
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Transcriptie
sel3 méditation de la parole de Dieu, vivant avec des hommes mortifiez qui par des travaux rudes et pénibles, domtoient et concifioient leur chair pour la sou- mettre à l’esprit, et ne pensant qu'à suivre les exemples qu’il avoit devant les yeux dans des modéles si parfaits, pour retracer dans son âme les traits de l’usage de Dieu et se rendre conforme à J.C. Il passa quelques années avec ces grands personnages, vivant avec eux et comme eux; et il n’eut point de peur d’une vie qui épouvante la nature et les sens; mais le silence de la retraite, et l’austérité de la pénitence ne le rendirent point d’un esprit dur et sauvage, ni d’une humeur incommode; c’est au contraire où il prit ces nobles impressions de bonté, de douceur, et d’honnêteté qui l’avoient rendu si aimable à tous ceux qui l’ont connu. De si heureux commencement ne sont point été démentis par toute la suite de savie et il les a soutenus, sans laisser corrompre son cœur par la prosperité, sans saffoiblir dans le commerce du siècle, sans s’abbattre sous le poids du grand nombre d'affaires et d’occupations dont il a été chargé pour le service du public, et l'intérêt des particuliers, lorsque Dieu l’a retiré de la solitude pour le produire sur le theaire du monde, et le servir dans des emplois séculiers; Il a été comme un de ces extoyens de Jerusalem auxquels il donne le maniement des affaires de Bahylone. C’est avec beaucoup de justice que ceux que la providence divine lui avoit donnez pour la conduite de son ame, lui ont rendu ce rémoignage qu’il avoit toujours été bon mari, bon père, bon maître, et bon paroissien; qu’il a été juste, équitable, humble, et moderé dans toute la conduite de savie ; et ont marqué qu’ils ne doutoient point que toutes les venus qu’il a pratiquées, et dont ils avoient été les spectateurs, n’ayent attiré sur lui et sur sa famille toutes les benedictions que Dieu y a ré- pandues: Les differentes affaires qui ont pu occuper son esprit ne lui ont ja- mais fait oublier les premiers Maîtres dans la voye du Salut, ni les obliga¬ tions dont il reconnoissoit leur etre redevable; il s’est toujours fait honneur d’avoir place dans le cœur de ces hommes de Dieu; il n’a jamais rougi de reconnoître cette maison, comme le sein dans lequel il avoit été engendré à J. C. Il faisoit gloire d’en être appellé l’ancien ami : il n’a point craint de prendre sa defence dans des temps difficiles: il a fait entendre sa voix; et tout Israel l’a vu parler pour elle, lorsqu’il y avoit bien plus de sureté et de prudence selon le monde a garder le silence; il s’est fait un plaisir sensible de l’honorer et delà servir dans lesregraces; delui donner son tems, ses sueurs, et ses peines; il cröioit en devenir meilleur en travaillant pour elle et se sanctifier en servant les Epouzes de J.C. Pendant savie il nous a toutes por- rées dans son cœur; il nous a donné sa fille aînée qu’il y portoit aussi avec beaucoup de tendresse, et qui étoit l’âînée de tous ses enfans; il n’y a eu qu’une puissance superieure qui l’ait empêché de nous en donner plus d’une: Et en mourrant et n’ayant plus rien à nous offrir, il nous a donné son coeur, ayant ordonné dans son Testament par lequel il a legué à cette maison la somme de mille livres, que les cendres de ce cœur qui étoit toujours demeuré dans cette maison par ses sentimens, y reposassent après sa mort, auprès de celles de ces grands serviteurs de Dieu qu’il a toujours tant honorez; c’est là qu’elles attendent cette bien heureuse resurrection des morts, dont il a travaillé à se rendre digne pendant savie, par la connoissance de J. C. par la verra de sa resurrection, et la participation de ses souffrances. resolutir 31 Juillet Ce jour 1662 mourut a Issoudun en Barry Charles Maignart seigneur de Bernieres Maitre des Requêtes duquel nous devons avoir une Memoire exemelle pour avoir été le bien aimé de Dieu et l’ami fort particulier de notre communauté: Il parut des sa jeunesse que Dieu le regardoit, lui ayant donné sa crainte qui la preservé des pé- chez qui regnent dans le monde, avec un accroissement dans la pieté, à quoi il s’est exercé toute Savie. Il se lia à notre Monastere et l’affectionna beaucoup, ayant cru que Dieu y étoit servi en esprit et en verité, ce qui etoit un motif capable de l’attacher à toutes les per- sonnes qui avoient un veritable dessein d’être à Dieu : Il no a donné des marques de la bonté qu’il avoit pour nous dans toutes les occasions, et il n'y auroit rien qu’il n’eût fait pour nous temoigner sa charité: Il nous a mis entre les mains ses deux filles lorsquelles etoient en- core petites, pour les élever dans lapieté; Dieu a examé ses désirs en inspirant à l’aisnée de se faire Religieuse, de quoi il a eu tant de joye qu’il l’a plus aimée, en consideration de ce qu’elle vouloit se donner à Dieu, que tous ses autres enfans: l’affection si tendre qu’il avoit pour elle ne rendoit qu’à la porter à être une veritable Epouze de J. C. cétoit l’uni- que sujet de tous ses entretiens avec elle: Il ne desiroit à ses amis que la meme chose qu’il cherchoit uniquement pour lui même, qui étoit d’être tout à Dieu ; et étant arrivé que l’un d’eux sortit de cette voye, il en eut une extréme douleur qu’il rémoigna par ses larmes, et rependant son coeur dans le sien par de bonnes et saintes paroles, qui pouvoient et qui auroient été capables de le ramener, si les paroles des hommes pouvoient changer le coeur. Il étoit si éloigné de vouloir tenir un rang dans le monde, qu’il se défit de sa charge de Maître des Requêtes, pour avoir moins de com- merce avec le monde, et pour ême plus libre de s’appliquer au service de Dieu, et d’aider les ames pour leur salut, tant par ses conseils qu’une en les assistant dans leur besoin, ce qu’il a fait principalement à l’égard de deux Monastéres qui étoient prêts de succomber pour le temporel, s’il ne leur eût donné des sommes considérables pour se relever à con- dition qu’ils se remettroient dans une plus éxacte observance de leurs régles. On peut dire qu’il a été le pere des pauvres par la charité et la ten¬ dresse qu’il avoit pour les secourir, de quoi il a laissé un monument perpétuel en faisant bâtir à Rouen un hospital, tant de son propre bien que des aumônes qu’il a eu soin de procurer pour ce sujet. Il a aussi fait elargir le lieu ou l’on retiroit les malades de la consagion en y ajoutant une 2de maison qui a été d’un grand soulagement pour les malades Il auroit voulu que toutes les personnes riches eussent eu le même mou- vement d’assister de tout leur pouvoir les pauvres; c’est ce qui lui fit désirer qu’on écrivît de l’aumône, et on lui a obligation d’avoir donné lieu à deux Traitez qui consiennent la tradition de l’Eglise sur cette matière et qui donnent de tres puissans motifs pour une pratique aussi nécessaire, qu'est celle là, de rachetter ses péchez par l'aumône. Dieu
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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