voiant que cette fatigue et cette dépense lui seroient fort inutiles, et que l’arrêt servit peut être executé avant qu’il eut reçu la réponse de Salettre. Zuelle apparence mandoit il à Mr. Taignier, que Mr. le Cardinal fasse quelque chose de Siloin, après un arrest, puis qu’il n’a pas voulu rien dire ni rien faire auparavant sur mes lettres et sur mes remontrances; il ne fera point de reponse, pas même par un expres. Je crois qu’il est d’accord de ce qui s’est fait. qu’il la bien voulu et qu’Il est bien aise de s’en decharger, en disant que c’est le Reine. Je ne vois point d’apparence de succès par cette voie, qui ne s’accorde pas avec le bruit et l’éclat, que nos amis demandent comme une chose utile et de consequence. Mais quoi, c’est que dans les affaires de ces Peres, on cherche toute sorte de moyens. Je prie Dieu qu’il nous en inspire de bons. Je dois bien lui recommander mon diocese qui est menacé de beaucoup de troubles et de diminution pour le bien spirituel. Il repete la même chose dans une autre lettre à Mr. Taignier qui lui avoit pro¬ posé pour expedient de la part de quelques-uns de ses amis une ordonnance qui con¬ tient une excommunication des chanoines revoltes. Je ne voudrois pas juger, lui dit-il, que ce que l’on dit de son minence ne fût veri¬ table. Considerez que le P. Annat qui a tout fait, qui a obligé la Reine a agir avec tant de chaleur et tant d'application. Il n’y a gueres d’apparence que cela ce soit fait sans la participation du Tout puissant, qui se mêle de tout, comme vous savéz. Ainsi je crois que toutes mes lettres et tous mes courriers ne serviront de rien, qu’il n’y fera point de réponse et qu'il ne signifiera rien. Je ne suis pas de votre avis pour l’ordonnance, car je crois qu’elle ne feroit pas grand bruit, qu’on la negligeroit, aiant son compte d’ailleurs, et pouvant passer outre à l’exe cution de l’arrêt, sans se souvenir des excommunications à cause de l'exemption. Il y a un autre embarras que j’ai mandé à Mr. de la Gallissionnere, c’est que mon promotteur signera sans doute et je ne l’en pourrai pas empêcher, ne le pouvant pas garentir de la prosecution qu’il ne voudroit pas souffrir, et après avoir signé, comment agir et pour suivre en son nom? Quand j’aurois excommunié ces chanoines & croiez vous qu'ils qu’ils s’en sousiassent? Ils feroient comme auparavant, et je serois moi-même excom munié, ne pouvant assister à leur service, ni me trouver à l’Eglise avec eux, personne n’est ici de cet avis. Néanmoins je ne laisserais pas de la suivre si l’on me faisoit voir qu’il fût utile. Les conjectures de Mr. de Beauvais furent des predictions. Il n’y avoit ni office a attendre de la part du Cardinal Magarin, ni fermeté à se promettre de Mr. Pinguet Promoteur de l’officia lité, homme foible, et qui n’était point à l’épreuve de la moindre perfection. Cependant l'arrêt du Conseil contre les Chanoines, engagés dans les interets de Mr de Beauvais, fut signifié à Paris au Sieur Milhouvart Son Avocat au Conseil. le 7e. de toust, il les privoit de tous fruits, distributions, et honeurs de leurs prébendes, jusqu’a ce qu’ils eussent signé le formulaire; et ne leur donnoit qu’une quinzaine pour tout delay. Il ne portoit pas néanmoins défense de se pourvoir au Parlement, et même il aen cassoit pas les arrêts quoi qu’il en fit mention, mais ceux qui avoient eu assez de credit de l’obtenir par le moien de leur Pere Annat, n’eurent pas de peine dans la suite, a rompre encore cette barriere et a y faire ajouter tout ce qu’ils jugeoient necessaire pour l’execution de leur croiance. Car dans le tems même que la Reine partoit pour le grand voyage de Saint Jean de Lus, declaroit qu’elle ne vouloit pas entendre parler de cette affaire de Beauvais, le Pere Annat redoubloit tous ses efforts auprés de Mr. le Chancelier, en faveur du Doyen et des chanoines per secuteurs de leur Evêque, et le tems qui leur étoit favorable, aigrit les choses au lieu de les a doucir. Cette signification fit concevoir à Mr de Beauvais, qu’il n’y avoit point de tems a perdre et il envoia à ses correspondans de Paris une lettre afin d’y être imprimée. Ils ne la trouverent pas conforme au projet qu’ils avoient envoié de Paris à Beauvais. Car les chanoines de Beauvais qui étoient dans la resolution de perdre leurs revenus, ne croivient pas devoir engager leur conscience, a fletrir leur reputation par des affoiblissemens qui les avoient exposés à la censure de leurs amis, et au mepris de leur ennemis, et ils étoient persuadés que l’innocence opprimée doit parler hautement en cette rencontre
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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