Lorsque l’arrêt fut à Beauvais entre les mains de leurs parties, ils ne leur en firent au¬ cune signification, et se contenterent de celle qui avoit été faite à Paris, et de les mander au Cha¬ pitre, avec tous les membres et les suppots de leur Eglise pour en entendre la lecture. Mais ils ne s’y trouverent pas; et ce fut en cette rencontre qu’un vieux Chapelain nommé Neguier qui avoit passé toute savie dans la cathedrale, en avoit eté élevé dès son enfance, en qualité d’en fant de chœur, refusa genereusement de signer le formulaire, aimant mieux prendre part à la perfection des Chanoines dont la vertu et le merite lui étoient connus, que de racheter son repos par une souscription qui étoit capable de l’exposer auleril d’un faux temoignage Ce pendant le Doyen et les Chanoines de son parti, voulurent signaler leur victoire par une messe du Saint Esprit qu’ils firent chanter solemnelement sous pretente que la Reine en partant s’étoit recommandée à leurs prieres, selon le rapport de Mr Chaillou, M. Tristan qui se trouva à la fête de la compagnie chanta cette messe, et l’ordre du tablet obligea Mr. Hermant d’y faire la fonction de Choriste. Mr. de Beauvais y assista, quoi que cette céremonie se fit dans la cathedrale sans sa participation, mais il s’en plaignit à Mr. d’Amiens par une lettre qu’il lui adressa dont voici les termes. Monseigneur Souffrez que je vous importune encore pour vous temoigner combien je suis obligé à la Reine de ce que S. M., est cause que je trouve ici, souvent des occasions de meri¬ ter et d’exercer ma patience endurant tous les jours de nouvelles mortifications de la part de mes chanoines. Je vous ai mandé les insultes dont j’étois menacé ensuite de l’avantage tout extraordinaire qu’on leur a vû emporter sur moi contre toutes les regles. Ils m’ont fait encore aujourd’hui une piece sous pretexte que la Reine a recommandé le Roy à leurs prieres, auxquelles Sa Majesté n’auroit pas grande confiance si elle les connois soit bien. Sous ce pretexte, dis-je, ils ont chanté une messe extraordinaire avec grande ceremonie et grande musique, à laquelle je n’ai point eu de part, que celle que je me suis donnée par ma pre¬ sence, en y assistant comme au triomphe de ma défaite, et à l’action de grace de ma victoire. J’ai cet avantage, que par la misericorde des Dieu, je fais cela avec patience, sans emotion emotion et sans murmure, et nonobstant tout ce trouble, je n’ai pas moins de zele pour m’ap pliquer à mon devoir, et m'en aquiter du mieux qu’il m’est possible. Je n’ai pas non plus moins de resolution pour deffendre et soutenir la dignité que dieu m’a donnée. Je pense bien que ce sera avec peu de succès, si je trouve toujours la Reine en tête pour soutenir la reso lution de ces braves, et pour en faire des affaires du conseil d’en haut. Mais qu’on nous ne sommes pas obligés à l’impossible. Quand j’aurai fait ce qui depend de moi, je croique je serai quitte devant Dieu et devant les hommes. croiez vous, Mgr., que l’on ait souvent traité une personne de ma condition de cette sorte, et que l’autorité des Souverains ait été emp- loiée a donner à des Chanoines des moiens de faire in suite à leur Evêque, que l’on n’accute point d’avoir manqué au service de son Prince et qui tâche de faire son devoir. Priez Dieu, pour moi, afin qu’il m’augmente la patience, dont j’avizi plus de besoin que jamais, et me croyet, se vous supplie, comme je suis veritablement. Mgr. votre très humble et trè¬ obeis. Serviteur, Nicolas, Evêque et comte de Beauvais. à Beauvais ce 17 aoust 1659. Ayant écrit cette lettre il l’adressa à Mr. Taignier avec ce billet. J'ecrivis il y a deux jours la lettre ci-jointe, et puis je resolut de ne la pas envoier; Je pense que ce sera le mieux, et qu’elle ne pourroit de rien servir. Vous en ferez pourtant ce que vous voudrez. si vous la voulez envoier l’Agent la pourroit faire tenir Quelques jours après ces lettres écrites, Mr de Beauvais eut part de celle que le sieur Guerin son domestique avoit écrite de Saint Jean de Luz le 25. d’Aoust à Mr. de Buzanval son frere. Il lui mandoit qu’au moment de son arrivée en ce lieu là, ou la paie se traitait alors, il avoit rendu toutes ses depeches à Mr. de Marc Archevêque de Toulouse. Que ce prelat après la lecture exacte de l’arrêt, lui avoit dit, que sans perdre le respect qu’il devoit aux arrêts de sa Majesté, il avoüoit que celui-là, avoit été donné un peu vîte. Qu’après lui avoir fait mille caresses pour sa personne, et mille protestations du desir qu’il avoit de savoir servir M. de Beauvais, il témoigna être bien aise d’être detrompé de l’impression que quelques uns lui avoient donné, qu’il ne faisoit pas de prêtres, et d’apprendre qu ’il fit subsister son Seminaire à ses dépens, et qui après mille offres de services, il avoit eté d’avis, que ce
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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