Après avoir eu l’honeur d’écrire à V.E. de cette affaire dans l‘assemblée qui fut tenüe dans son Palais, je ne crus pas la devoir poursuivre davantage, et je m’en revins dans mon dioceze, ou j’ai fait publier la Bulle pour faire connoitre à tout le monde que je n’ai point de reserve, sur ces matieres, ni de sentimens differens de ceux de mes confreres. Je croirois aussi que cela pourroit contenter la Reine. Dans cet instant Mr. L’Abbé de Roquepine me manda que si S. M. avoit eu la bonté de lui temoi-m¬ gner qu’elle souhaitoit que cette affaire s’accommodât, et qu'elle lui avoit comandé de m’en parler, me croiant à Paris. Je repondis, Mgr à ces bons témoignages de la bonne volonté de la Reine avec toute la soumission qu’il me fut possible. Et Mr. de Rocquepine me fit savoir ensuite qu’il étoit demeuré d’accord, avec les solliciteurs de mon chapitre en presence de Mr. d’Amiens, et des confesseurs de leurs Majestez, que la Reine renvoieroit le jugement de l'affaire a l'assemblée Provinciale de Reims, toutes choses demeurant en etat, c’est a dire que l’Archidiacere que j’a¬ vois pourvû ne jouiroit point, et que ceux que je pourrois pourvoir dans la vacance des prébendes ne se presenteroient pas même au chapitre pour être mis en posses¬ sion, qu’après la decision de l’assemblée Provinciale ; et qu'a cause des mauvaises impressions que l’on avoit voulu donner de ma conduite à sa Majesté. Il avoit con¬ senti que l’arrêt fût expedié et deposé entre les mains de M. d’Amiens pour être delivré aux chanoines en cas que je ne voulusse pas suivre le jugement de l’assemblée Provinciale, cette derniere condition m’étoit tout a fait injurieuse, neanmoins je la pas¬ sai avec les autres pour le bien de la paix et pour temoigner une soumission toute entiere et une obeissance aveugle aux ordres de la Reine, qui avoit agréé cet accommodemt. Mais ces chanoines qui ne cherchent que le trouble, et les moiens de me persecu ter, connoissent leur avantage par l'expedition de l’arrêt, se sont dédits des conditions accordées et en ont proposé de nouvelles, dont Mr de Roquepine n’aiant pû conve¬ nir, ils ont tant fait par leurs artifices que l’arrêt leur a eté delivré quoi qu’il semble qu’après la publication de la Bulle, et la soumission accordée l’on ne devoit pas reduire les les choses dans la derniere ertremité par un outrage qui ne blesse pas moins l’autorité de l'Eglise que celle de l’Episcopat. J’espere aussi, Monseigneur, que Mr. de Rocquepine ne manquera pas en fai¬ sant la relation à Votre Eminence de ce qui s’est passé en cette occasion de lui faire connoitre les sentimens des prelats qui sont à Paris, et d’une injure qui s’est faire à tout l’ordre en la personne d’un de leurs confreres. Cet arrest qui a eté rendu au prejudice de ce qui avoit eté accordé est une insigne sur prise contre les regles de la bien seances et de la justice, et leurs Majestés n'en ont pas connu les consequence qui ne choquent pas moins les Parlemens que les Evêques. Il est vrai qu’ils ne m’otent pas les moiens que mon caractere et les loix de l’Eglise me donnent, pour seprimer les entreprises d’un Chapitre contre son Evêque, mais je pense Mgr., que le meilleur moien est d’avoir recours à la protection de V. E. et je me persuade que connoissant la justice de mes plaintes par un traitement sirude, dont je m’accuse que la milice de mes chanoines, je puis esperer de la bonté de votre Em¬ qu'elle emploiera le pouvoir qu’elle a dans l’Eglise et dans I'Etat, pour empêcher les suites facheuses de cet arrest, et faire qu’il ne soit point executé, comme je l’en supplie très humblement, et de me donner par ce moien le repos dont jouissent les autres Evèques, n’y aiant point d’autre difference entre eux et moi, sinon qu’ils n’ont pas comme moi des chanoines turbulens qui cherchent les moiens de leur faire des insultes. Je ne sçais, Mgr., si je serai assez heureux pour obtenir cette grace de V. E., mais je scais bien que quoi qu’il arrive, j’aurai toujours une deférence pour ses commandemens et que je ferai tout mon possible pour vous faire connoitre que c’est avec une extreme veneration et un profond respect que je suis Mondeigneur de votre Eminence. le très humble et més obeissant serviteur Nicolas Evêque et comte de Beauvaid. Les amis de Mr. de Beauvais aiant approuvé cette lettre, ils furent d’avis qu’il l’en voiat au Cardinal Majarin par un espès, car il étoit deja parti pour la grande affaire de la paix et du Mariage du Roy. Mais ce prelat eut beaucoup de peine à s’y retoudre, pré
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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