déplorable homme là retiré pour de l’argent avec assez de peine et là fait évader. Les amis de Mr. L'Eveque de Beauvais ne cessoient delui écrire de Paris, et de lui faire diverses propositions pour empecher la ruine de son authorité et l’oppression de son Eglise. Quelques-uns lui parloient d’y engager le Parlement, mais il manda à M. Taignier le 30. du mois de Juillet, qu’encore qu ’il convint, que si cette compagnie pouvoit prendre feu, cela seroit le plus assuré, néanmoins les plus hardis et les plus assures et même les plus zélez, lui avoient avoïé qu’ils n’étoient bons qu'a faire du bruit. Je pense, ajoutoit il que tout ce que l’on peut faire à present c’est une lettre Pastorale pour opposer aux faux et mauvais bruits que l’on fera courir dans mon diocese, et pour arreter autant que l’on pourra le scandale qui en arrivera. Pour des lettres aux Evêques elles ne feront pas grand effet, L’assemblée que l’Agent pourroit faire de ceux qui se trou¬ veroient à Paris est un remede incertain, et nous avons le malheur que nos chanoines ont pour eux l’apparence et [rature] la Couleur de I’execution des ordres du dergé pour faire éblouir les builles, cela eblouit d’abord. Et combien y a t-il d'Evêques qui perissent, ou qui veuillent demêler le solide et le fin d’avec les vaines couleurs, et ces apparences trompeuses— Je ne pense pas aussi que L’Agent osat faire une assemblée pour cela, sans la permission de son Evêque. Vous ne m’avez point envoié d’autre projet des lettres Pastorales ensuite des nego ciations faites avec Mr. le Nonce, que ce que vous en trouverez dans le papier, ce point que je vous prie de me renvoier. Je ne sçais si vous en avez un plus ample, et si c’est ce que vous me promettez pour le lendemain. Je ne sçais aussi si vous l’avez oublié, ou si vous n’avez pas jugé à propos de me l’envoier. Si c’étoit chose faisable, et qu’on en fut demeuré d’accord, s’il n’y avoit rien de trop desavantageux, et que le fruiten fût presque certain, il faudroit voir, si ce que l’on me vouloit faire dire pourroit trouver place dans cette lettre Pastorale que nous voulons faire et promptement, autrement j'ai peine a croire qu’il puisse reussir quelque chose de bon de cet Ecrit, qu'il faudroit sans doute faire à contre tems. Je vous ai déja mandé une partie de mes sentimens la dessus. Je ne sçais s’il vous en souvient, et si vous avec gardé ma lettre. Mais de Rome, du Nonce, et des Evêques, qu’en peut on esperer de bon, dans la conjoncture presente? M r. de Laon fera ce qu’il voudra pour entretenir la negociation; il faudroit qu'elle fût bien delicate. pour être assuré qu’elle ne pourroit nuire. cela passe la portée de mon esprit, je l’avouie. Ce Prélat, sans doute à plus de talens que moi pour cela, je ne saurois aussi vous témoigner com¬ bien j’ai lui redevable, je lui ferai demain réponse pour le remercier, et quelque gratitude que je fasse paroitre et que j’aie dans le coeur, je serai toujours beaucoup en reste. On attendoit tous les jours à Beauvais la signification de l’Arrest du conseil, mais il n’avoit point encore eté delivré au Doyen et à ses suppots, et on vouloit engager le Prélat dans unes negociation aussi dangereuse et ausse préjudiciable à son autorité qu’a l’arrêt même, c’est ce que nous ne pouvons mieux apprendre que par ses lettres Chapitre IV. Lettre de M.r de Beauvais a Mr le Cardinal Mazarin Entre les moiens que l’on proposoit à Mr. L’Evêque de Beauvais pour arreter l'injus¬ tice qui étoit sur le point d’être consommée contre lui, ses amis lui conseillerent d'en écrire au premier Ministre qui meditoit son depart pour son voyage des Pyrenées, il le fit par une lettre datée du 3. d’Aoust Mais il ne voulut pas la lui envoier, qu’il n’eut eu leur jugement. Voici comme il l’avoit concue Monseigneur C’est avec beaucoup de déplaisir que je me vois obligé a importuner encore V. E. pour la même affaire pour laquelle j’ai dejà pris la liberté de lui parler et delui écrire. La maniere dont elle a été terminée blesse, si fort ma dignité, que je croirois manquer à mon devoir, si je le dissimulois, ma douleur, comme je le ferois voir volontiers, s’il n’y alloit que de mes interets, et non de ceux de l’Eglise.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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