je n’aie encore envie de faire, mais comme un coup perdu que l’ontire au hasard sans en esperer aucun fruit. Je suivrai pourtant toujours l’avis de mes amis, et de ceux qui ont la bonté de s’interesser à ce qui me touche, auxquels je suis d’autant plus obligé, qu’ils ont de satisfaction et de succès en ce qu’ils entreprennent pour moi. Je pense que la negociation avec Mr. le Nonce du Pape est à present inutile, quel avan- tage en peut on esperer, mais plutôt que ne doit on pas craindre? Rome sera du coté de l’arrêt qui lui servira d’exemple pour pousser les choses à l’extremité. Ce n’est pas que je ne vou¬ lusse bien attirer moi la punition, si je crois pouvoir la detourner de dessus les autres mais cela n’y servira de rien non plus que la signature que Mr. de la Galissionnere. propose. Il faut considerer que l’on a affaire à des gens passionnés et enragés qui ne creignent plus rien et qui sont en liberté de faire ce qu’ils voudront. Assurez d’être soutenus. Et a dire le vrai, sans apparence de notre part de nous pouvoir ressentir de leurs outrages. Je crois qu’il les faudra endurer, s’armer de patience, et attendre de Dieu le remede à nos maux, nous pouvons pourtant faire des manifestes, Lettres Pastorales, enfin du pis que l’on pourra. Je crois néanmoins que tout cela ne servira de rien. M. de Roquepine me propose d’aller à Paris, pour conferer avec mes amis, et retoudre ce que j’aurai a faire. Je crois que ce voiage sera fort inutile et je n’en vois point de fruit. Nous n’en saurions mettre une douzaine ensemble, qu’il n'y en ait plus de la moitié contre nous. Pendant ces contestations l’arrêt étant venu à Beauvais fut lû en plein chapitre le 28. de ce même mois. on differa néanmoins quelque tems a le faire signifier aux Chanoines Appellans comme d’abus, mais le bruit s’en répandit en un instant dans l’etendüe du diouse avec un éclat extraordinaire, et les libertins qui avoient donné depuis lontems le nom de Jansenisme au soin que quelques Ecclesiastiques prenoient de garder la discipline de l’Eglise dans l‘administration de la penitence, courent que toutes les barrieres étoient rompües par ce jugement. que les crimes à l’avenir jouisoient d’une entiere impunité, que les directeurs exacts étoient odieux au Pape et au Roy, et que ceux qui avoient flaté les peuples dans leurs.passions et dans leurs desordres, devoient être regardés comme les uniques veritables conducteurs des ames. Les chanoines malheureusement victorieux prenoient un soin très particulier de répandre parmi la populace des bruits vagues et confus, de lettres de cachetts, de proscriptions, d’emprisonne mens, on publioit ces nouvelles dans les rües, dans ses boucheries, dant les marchés, on n’y epar gnoit pas même la personne et la digaité de l’Evêque pour envenirmer contre le sprit du peuple qui dule, et se rendi en ces quartiers là aux premières nouvelles sans aucun discernement. L’un disoit qu’il avoit été condamné 50000₶. d’amendes, l’autre que sans l‘intérecession d‘une Dame qui s’étoit jettée aux pieds de la Reine, il alloit perdre son Evêché. Enfin les demons paroissoient dechainés et les hommes leur servient d’executeurs. Cependant Mr. de Beauvais demeuroit toujours d’une humeur égale et tranquile avec lui-même, et ne changeoit pas de situation, ni par les insultes, ni pr les menaces. ceux qui s’approchoient de lui dans sa ville, le voisient à chaque moment dans cette Paris. disposition, et elle paroissoit aussi dans les lettres qu’il écrivit à M. Taignier en ren- dit un fidele témoignage dans une des siennes à M. Hermant le 28. on lui apre- noit aussi quelques scandales des ennemis de la doctrine de la grace. La lettre que Mr. de Beauvais m’a écrite me fait paroitre qu’il est plus ferme que jamais. J’espere que N. S. lui donnera la force de souffrir pour la deffense de sa cause, les insultes de vos confreres. Helas. si vous voyiez la justice que dieu a exercée sur le pauvre Mr. Amjot, et sur le miserable syndic de notre faculté, vous reconnoitriez bien ce que c’est que de s’attaquer à la verité de Dieu, et qu’assurêment tôt ou tard on en reçoit la recompense par des Ighominies et des confusions qui sont prodigieuses. Le premier avoit un jeune homme chez lui qu’on a enlevé par l’autorité du Roy pour l’enfermer dans St. Lazare, il est renfermé et razé au moment que je vous écrit. Le second en avoit un autre qui a eté en prison, sur lequel on dit des choses qui font peur. Ce
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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