Mr. de Bernieres tout etonne d’entendre nommer diana qui ne passoit dans son esprit, que pour un Reprouvé lui dit, avec quelque chaleur, vous trouverez bon sil vous plait, Mon pere, que je n'entende point la lecture de cet auteur, je vous assure que je n’y ai aucune foi. Si vous m’apportiez l’autorité de quelque Pere de l'Eglise, comme de Saint Bernard, jevous assure que je l’y aurois toute entiere. Le Pere animé du zele de toute la societé lui repartis, et moi je soutiens que je crois plus à diana qu’a St Bernard, en matiere de cas de conscience, car comme dit le reté commun Proverbe, cui libet in arte sua perito credendum est, St. Bernard en S et diana en cas de conscience, un medecin en maladie, et un jurisconsule en Jurisprudence M. de Bernieres n’étant point persuadé de ce que disoit le Pere, lui repliqua de nouveau, et moi mon Pere j’aime mieux que vous m’en parliez que diana, je ne suis pas venu ici pour consulter cet auteur non plus que Tolet, mais vous même, je vous prie de me repondre positivement sur chacune de mes questions. puis reprenant son papier, il lui proposa une seconde fois les difficultés cy dessus énoncées, et lui demanda si la premiere, sice benefice n’avoit point été tenu en considence, puisque son cousin demeuroit d’accord d'avoir joui de la pension, et des fruits, quoi que du consentement du Titulaire, le Pere lui répondit, non, M, il n’y a aucun mal, puisque Mr. Votre cousin avoit le consentement du Titulaire, Et pour vû qu’il n’y ait point eû d’Ecrit, il est en sureté de conscience, parceque chacun est maitre de son bien, mais mon Pere, lui dit M. de Bernières, les actions ne sont elles pas plus fortes que les Ecrits? Pour moi, je vous avoïe que j’ai peine a croire, que ce ne fut pas là une confidence présumée. Le P. en souriant lui prit encore la main lui dit, vous êtes bien severe, ne vous rendrez vous jamais à l’autorité d’un autre grand docteur, alors prenant un autre livre qui étoit sur le lit verd, et dont le seul nom fait peur, il l’ouvrit et dit, c’est Pernormitanus, Mr. de Bernieres l’interrompant, mon dieu, laissons donc la, je vous prie tous ces autheurs, passons, donc à un autre question. voions si la pension que mon Cousin recevoit n’étoit pas excessive, puisque le benefice ne valloit que mille ecus, la pension étoit de deux mille livres. sur cela le P. Se tourne vers M. de fouilleuses qui écoutoit en silence toute leur dispute, et lui dit, il est sans difficulté que Mr. votre parent a raison de dire que la pen¬ sion est excessive. prenez garde, vous avez peut être surpris le Pape, et en ce cas votre conscience est interessée, mais aussi s’il n’est pas vrai que vous l’aye surpris, vous avez les mains nettes; car le Pape a pu vous donner une pension telle qu’il a voulu, et ainsi vous en avez pû jouïr surement. M. de Bernieres croiant qu’il n’y avoit rien a dire de ce coté la passa à une autre question et continua de cette sorte. Eh bien M. P. laissons-lace point, et trouvez bon que je vous demande si mon coutin n’ayant jamais ete l’esprit claricale, mais au contraire ayant toujours été à la guerre a put devant dieu jouïr de cette pension! En doutez vous, lui repondit ce Pere? Il suffit pour posseder une pension clericale de n’avoir jamais un es prit contradictoire à la posseder. Pardonnez moi, mon Pere, lui dit Mr. de Bernieres, si je vous intercompt, pour vous demander l’ex¬ plication de ce mot que je n’entends pas bien, le Pere lui promit à l’heure même de le lui expliquer par un Exemple. Un pere, lui, dit il, fait son fils d’Eglise ; sicet fils ait continuellement, je ne veux pas être d’Eglise, alors il est estimé avoir un Esprit contraire, mais autrement, encore qu’il soit dans une profession contraire, il a toujours droit de jouït du bien de l’Eglise qui leviest donné par le Pape.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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Kunstmatige intelligentie
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