continuant toujours a combattre leur pernicieuse morale, ce genereux prelat leur comme niquoit ses lumieres, et les fortifioit par sa presence. ce fut ce que M. Le Tellier lui manda lui-même quelque tems après par une lettre dont voici la teneur et la copie. Monsieur Suivant la lettre que vous m’avez fait l’honeur de m‘ecrire, j’ai fait entendre au Roy les raisons qui vous obligent de demander des lettres d’Etat, et j’ai eu ordre de vous faire savoir que puisque vous croiez pouvoir obtenir du Parlement les surseances que vous desirez pour empêcher durant votre absence qu’il se fasse des poursuites au procez que vous y avez elle juge bien plus a propos que vous preniet cette voie la, que celle des lettres d’Etat. Quant a ce que vous me marquez M. des Sujets qui ont donné lieu à votre eloignemt. Je suis obligé de vous dire que ce ne sont point les veritables, et qu’il n’y en a pas eu d’autres que celui des conférences que S. M. a eté bien avertie que vous aviez avec quelquesuns deckrs. des Curez de cette ville, qui ont donné lieu à l’ordre que vous avez reçu de vous retirer en votre diouze, et que celui que vous me nommez, n’y a eu aucune part, ni directement c’est un témoignage que je dois à la verité, et à la profession que je fais de vous honorer, et d’être plus que personne Monsieur votre très humble et tres affectionné serviteur le Tellier A Paris ce 26 février 1659. La fermeté des curet de Paris embarassoit tellement les Jesuites qu’ils n’oublioient rien pour en faire concevoir à la cour des sujets de crainte et de de france, comme c’étoit leur procedé ordinaire de faire des affaires d’Etat de tout ce qui incommode celle de leur société ils redoublerent en ce tems-ci, tous les efforts qu’ils avoient fait auprès des Paissances pour les engager dans leurs interets, comme dans la deffense, qui leur étoit commune avec eux et lorsque le 8e Ecrit de ces curez sortit de la presse le 9e jour de fevrier de cette année 1659. Ils appellerent toute leur politique à leur secours pour en empecher l’effet. Il était Intitulé Journal de tout ce qui s’est passé tant à Paris, que dans les Pro- vinces sur le sujet de la morale, et de l’Apologie des casuistes, jusqu’à la publication des Censures de Nosseigneurs les Archevêques et Evèques et de la faculté de Theologie de Paris Ils exposoient par une courte Preface, que comme la morale des nouveaux la suistes est un des plus grands maux qui ait eté répandu jusqu’ici dans l’Eglise, et dont les Erreurs sont d’autant plus capables de corrompre les fideles, qu’elles ne sont pas sur des points de Theologie disproportionnez à l’intelligence des peuples, mais sur les points les plus populaires et les plus conformes aux inclinations corrompües de la nature, les Pasteurs avoient eu une obligation indispensable de parler en cette rencontre, parce que le silence qui est quel¬ que fois utile dans les matieres hautes et cachées, eut eté criminel et inexcusable en cette occasion, que pour ce sujet afin de faire voir que ni eux, ni leurs confreres des Provinces n’avoient rien obmis pour s'acquiter de leur devoir, ils avoient jugé à propos de donner un recit de ce qui s’étoit passé jusqu’alors sur ce sujet. C’est ce que nous avons raporté, et qu’il seroit inutile de repeter en celieu, mais parce que la seule évidence de la chose faisoit voir à tout le monde la conception des Jesuites, et la juste horreur, qu’un très grand nombre de prelats avoient de cette pernicieuse doitrine, ils emploient deux differentes batteries pour s’en deffendre, dont l’une fut un foible Ecrit du P. Annet, qui fut bientôt mis en pieces, et qui contenoit une refuta¬ tion de ce Journal des curez. Et l'autre un Arrêt du Conseil pour le suprimer et le fletrir. Mr L’Evêque de Amiens dont on avoit imprimé une lettre adressée aux curez de Paris fut fort irrité de voir qu’on leut joint aux deffenseurs de la hierarchie, et de la Morale chretienne, et il ne tint pas à lui que le public ne fut convainqui du de saveu qu’il en vouloit faire; mais il fut obligé de reconnoitre qu'il n’y a nulle autorité, ni force capables d’etouffer la verité. Il étoit malaisé que l’on laissat en repos le Monastere de P. R. pendant que
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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