archieftoegang 215, inventarisnummer 6, pagina 104
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Transcriptie
condamné. dites-moi, Mgr. par combien d’Auteurs vous voulez que je le prouve par deux, par trois, par dix, par trente, par cinquante; si je n’ai pas assez de livres, je ne manquerai pas de les faire venir, et je ferai voir à tout le monde notre doctrine, et non-seulement la plus severe de l’Eglise et ce qui m’oblige, Mgr. a me justifier, est que je suis Religieux Professeur Royal; professeur du College de bourges. comme Religieux je dois rendre compte au Pape de ma doctrine; comme Professeur Royal au Roy, et comme Professeur de Bourges à Monsgr. le Prince Après qu’il eut prononcé cette harangue, concertée avec un ton de voix qui étoit encore plus fier et plus insolent que les paroles. Mr L’Archeveque de Bourges lui repartit, que ce n’étoit ni au Roi ni au Prince qu’il devoit rendre compte de sa doctrine, et qu'il la lui appren droit puis qu’il ne le savoit pas, et qu'il n’étoit plus question de venir deffendre sa doctrine. qu’il avoit donné Sentence que c’étoit une affaire faite, et que puis qu’Il avoit appellé à Rome il n’y avoit qu’à la poursuivre en cette cour-là; Il se dit plusieurs paroles de part et d’autres, et le Jesuite se retira sans autre effet que celui de sa confusion et de sa honte. Cependant il lui suffisoit d’avoir obtenu cette audiance et quoi que le succès lui en eût été tout a fait desavantageux il ne laissapas à ses ruses et à Ses Intrigues, car dans l’assem blée du premier mensis du mois d’octobre le syndic aiant dit que dès le mois de Avril, dernier, il avoit paru un acte Imprimé, sous le nom de la faculté, lequel devoit être cassé, n’a yant pas eté enregistré au prima mensis de May contre les mêmes reglemens de la même faculté, qui portent que tous actes faits pendant le tems de l’Avent et du Carême seront declarés nuls, à moins qu’ils n’ayent eté raportés au prima mensis de May, et aiant proposé sa cassation selon le decret. Le Pere Garnier qui étoit de l’assemblée, répondit qu’il étoit important de n’y point toucher, parce que cela ruineroit l’accommodement qui viens d’être fait entre Mr. L’Archev de Bourges et lui, qu’ils étoient prêts de s’accorder, et de terminer tous leurs differends, aient une longue conférence la veille pour cet accord qui étoit presque conclud. Mais le Syndic sans s’arreter à cette defaite qui ne pouvoit venir que de l’effronterie d’un jesuite, à qui les plus grandes faussetés ne contrient rien, repartit étant soutenu par deux autres de ses confreres avec lesquels ils étoient de bonne intelligence; que la cassation de cet acte ne nuiroit point à son accomodement, et quoique les autres se portassent à un delai de huit jours, ils presserent vivement l’assemblée, et lui persuadèrent de passer outre; et sur ce que le sesuite representoit que s’agis- sant d’une affaire de droit, et non de fait, il falloit faire entrer des Avocats. Ils s’opposerent encore à cette seconde subtilité. Le Pere Garnier ne se rendant point demanda que l’on donne Commission pour informer contre ceux qui avoient revélé les secrets de l’assemblée, et s’adresserent au syndie et au vice officiel. Mais le syndic se sentant icrité le repoussa vigoureusement. Enfin le Jesuite qui se voioit soutenu par plusieurs docteurs de sa Caba le s’opposa à tout ce qu’on vouloit faire. Mais nonobscant toutes ses oppositions, on prit les avis et on conclut à la pluralité que cet acte du mois d’Avril seroit cassé et annellé Trois docteurs carmes et 2. cordeliers, furent du bon sentiment, et réparerent en quelque maniere la faute qu’un autre carme avoit faite quelques mois auparavant; en se laissant entrainer par l’intrigue des Jesuites. Ce fut la derniere nouvelle que le Pere de Boissy Prieur de St. Ambroise écrivit à Bourges à ses amis. car les jesuites presserent l’execution de l'ordre qu’ils avoient fait expedier par ses superieurs pour l’envoier à St. Lo. dans la basse Normandie quoique le lieu n’appartint pas encore à sa Congregation et qu’il n‘y eût qu‘un de leurs Religieux qui devoit être son superieur. La Congregation de Ste. Genevieve étoit alors frapée d’un esprit de crainte, et paroissoit avoir oublié que ceux qui la composoient étant enfans de St. Augustin, devoient être deffen seurs de sa doctrine. Les considerations politiques dominoient étrangement parmi les princi¬ paix et les Peres soit qu’ils déféraissent trop aux inclications de Me la Marquise de
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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