1782. 40. La confession sincere de ce Theologien, lui fit tirer deux ou trois cons¬ quences fort desavantageuses à la doctrine qu’il soutenoit. Scavoir 1° Que cette proposition, Dieu veut sauver tous les hommes, n’étoit donc pas si universellement veritable qu’on disoit, non plus que cette autre, I. C. est mort pour tous, et que selon sa pensée il falloit l’entendre seulement des hommes du nouveau testament. 2°. Que la proposition de la grace suffi¬ sante donnée à tous les hommes generalement en quelque état que ce soit, et dans tous les tems, étoit pareillement fausse, puisque les Infideles et les damnés avant la mort de J.C., ne pouvoient avoir eu ces graces, vû qu’il n’avoit pas répandu son sang pour eux, et qu’aucune grace de Salut n’a jamais eté que par la vertu de Samort. Il dit à ce docteur qu’il ne croioit pas qu’il voulut soutenir selon la pensée des Pelagiens, que les graces suffisantes fussent attachées à la nature et à la condition des hommes et que Dieu fût obligé par une Providence generale de donner à tous ce secours suffisant, sans avoir égard au peché originel, comme Adam le reçut dans sa creation, et par un ordre de sagesse et de justice. Il lui demanda ensuite qu’elles graces avoient reçu de dieu et de la venüe de J.C. par dessus les Infideles de la loi ancienne, tous ceux qui sont morts pendant 16 cent ans, dans l’infidelité, et sans recevoir aucune dis¬ tinction du Sauveur ni de l’Evangile ; il lui representa qu’au moins tous ceux là n’avoient point eû veritablement des graces suffisantes, et que par conse quent J.C. n’étoit point mort pour eux avec fruit. Il confirma ce qu’il disoit par un argument tiré de scol, auquel ce cordelier ne put donner aucune solution raisonnable, et sur ce que ce Theologien lui cita sous le nom de St. Augustin un passage tiré dutivre de Vera et falsa poenitentia qui n’est pas de lui, il crût devoir chercher ailleurs l’eclairciSsement de ses doutes. Le second dimanche d’après Pâques étant allé voir les Jesuites de St. Louis, il y entendit precher un de leurs Peres, qui raisonnoit de l’état de l’homme comme s’il n’avoit point perdu l’innocence. car après avoir rapporté divers sentimens pour examiner s’il étoit meilleur de parler au peuple de la pré¬ destination, que de ne lui en parler point, il prit enfin la resolution d’en discourir aprés avoir dit, qu’il n’étoit plus tems de se taire, puisque les servantes mêmes et les autres profanes de semblables conditions ne s’entretenoient que de cela Pour prouver que dieu avoit la volonté de sauver tous les hommes en par¬ ticulier, il tira ses preuves des differentes qualités que dieu porte à notre égard, comme de celle du Createur, de Redempteur, de bonöasteur, et dit avec toute la hardiesse qu’on pourroit dire, une verité Incontestable: que les pecheurs auroient droit de se plaindre, s’il les vouloit condamner, sans leur avoir donné des graces suffisantes, il s’arrêta longtems sur ce passage de la sagesse 183. 41
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 3, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1652-1653. Livre VII-X
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