38a en Dieu pour la gloire et la cause duquel il croioit être maltraitté, et eût voulu en souffrir davantage qu’il ne souffroit, ne trouvant personne avec qui il pût communiquer; ses entretiens étoient avec les morts, et il y trouvoit sa rie. Cependant comme il faut toujours se defier de soi-même, en quelque état de sureté que l’on pense être de soi-même établi, il demandoit infini ment et instamment et intéssamment à la divine bonté qu’elle ne permît pas qu’il s’aveuglât, en suivant comme veritable, des sentimens que ses Peres rejettoient, et soutenoient lui être particuliers. Car ils lui demandoient sans cesse s’il vouloit être seul à Soutenir Jansenius. Ils lui disoient qu’Il étoit proscrit a Rome, qu’il étoit abandonné de tout le monde, et qu'il n’y avoit presque plus personne qui l’osât deffendre. L’entretenant de toutes ces choses en la presence de dieu, il eut la pensée qu’il ne devoit point s’attacher à son opinion, qu’il pouvoit être trompé, ou en ne comprenant pas assez St. Augustin, ou aiant trop d’affection de ce pere, et qu’il falloit qu'il allat à Paris pour ce dessein, il y alla donc en l’année 1651. après avoir pris la benediction de son superieur, il se recommanda aux prieres des religieux, et prinsipalement a deux bons freres en qui il avoit une confiance particuliere, et qui dirent tous les jours pour lui le Veni creator, pendant qu’il demeura à Paris. Il prit plusieurs passages tant de l’Ecriture que des Peres, et des doc¬ teurs, nommément de St. Augustin, de S t Bernard, du Maitre des Sentimens de St. Thomas, de seul qu’il croioit être conforme à St. Augustin dans les principaux points des controverses presentes, pour en conferer à Paris quand il y seroit. Etant arrivé à Paris il alla chez les cordeliers ou il avoit quelque connois sance et quelques amis, mais on lui dit d’abord, qu’il ne seroit pas bien venu dans la maison, s’il parloit en faveur des Jansenistes, qui n’y étoient point aimés, non plus que dans plusieurs autres maisons religieuses, et qu’il n’y avoit pas un seul theologien dans tout ce grand College qui o s’ât ou vertement se declarer pour une doctrine qu’on attribüe à M. L'Eveque d’Spre- Cet avis l’obligea parler avec plus de retenüe, declarant à ceux à qui il s'en expliqua, qu'il ne recherchoit que la verité, et qu’il ne vouloit tenir à Jansenius qu'autant qu’il étoit fidele à suivre la doctrine de St. Augustin. Néanmoins prenant un peu plus de hardiesse, il demanda a conferer avec quelque habilehomme, qui fût versé particulierement dans ces matieres, et on le fit parler à celui qu’on estimoit un des plus sçavans et des plus sub¬ tils scholastiques de la maison, après lui avoir demandé l’intelligence de plu sieurs passages de St. Aug et de Scol, qu’il lui montra et après avoir passé une heure entiere a parler sans regler aucunement leur dispute. Il pria ce pere de lui dire, si J.C. étoit mort pour tous, même pour ceux qui étoient morts et damnez avant sa venüe. Et ce Cordelier lui avoïa que J. C. n’etoit point mort pour ceux qui étoient damnez avant sa passion 78. 39.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 3, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1652-1653. Livre VII-X
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