76. general de l’abbaye de St. Germain des prez-elle ajouta seulement que ce n’etoit pas pour ses sermons ni pour sa doctrine, à quoi elle ne trouvoit rien à redire, mais pour quelque autre chose qu’elle avoit donné cet ordre. Ce prieur de la Charité n’aiant rien gagné par ses remontrances alla trouver et avertir Mr Brousse de tout ce qui s’etoit passé sur son sujet, et il fut extraor¬ dinairement edifié de la moderation de ce docteur. car sans être touché de le vie lence qu’on lui faisoit, ni se plaindre d’une conduite si irreguliere, il lui répon¬ dit simplement qu’il étoit infiniment obligé à S. M. de lui procurer du repos, après tant d’années de travail, et qu’il esperoit que Dieu auroit pour agreable la volonté qu’il avoit toujours eû pour le service, et pour l’assistance des pauvres, il lui en resta même si peu de ressentiment que M. le Maitre Porteur de Sorbonne aiant pris sa place pour achever le careme dans cet hôpital de la charité, non seulement il assista à la predication de ce confrere qui le supplantoit, mais même il se plaça pour l’entendre dans la tribune auprès de ce même Sr. Jean Chapelain de la Reine, et de deux prêtres de St Germain qui l’avoient ainsi calomnié. Quantité de personnes de condition qui ne savoient rien de cet ordre de la Cour, et qui étoient venus dans cet hopital pour l’entendre prêcher lui-même, furent surpris de le voir en cet état et de ce qu’il étoit si peu sensible à ce que le monde auroit appellé une disgrace. On fut surpris de la conduite de M. le Maitre qui s’étoit chargé d’une commission siodieuse, et avoit bien voulu laisser descendre Mr Brousse de cette chaire pour y monter lui-même sans sçavoir de lui, s’il ne l’avoit pas desagreable, et sans s’informer du sujet de cette deffense après avoir toujours veut en amitié avec ce confrere. Mais il eut des approbateurs parmi ceux de ses confreres qui n’avoient dans le cœur ni l’amour de la justice, ni celui de S. Aug: ils en triomphement publi¬ quement et en particulier, et louërent Mr. le Maitre comme un digne Ministre. de J. C. et un fidele serviteur du Roi dont le merite s’étoit augmenté par cette action d’obeissance. Chapitre XIV. Les Jesuites publient un miserable Ecrit intitulé L'Etrille du Pegasse Janseniste aux Rimailleurs de P. R. Les Enluminures du fameux Almanach des Jesuites faisoient trop d'éclat et avoient trop eû de succès au dedans et au dehors du Roiaume pour ne pas porter ces Peres a commettre quelque grand excés digne de leur esprit de vengeance contre ceux que la voix publique en disoit être les autheurs. Ils ap- prenoient par des lettres qui leur venoient de toute part l’estime que l‘on en faisoit dans toutes les Provinces du Royaume, chez les étrangers et par tout ou la langue françoise étoit connuë. Ils scavoient que les uns les appelloient la magnature de poedri giesuiti. Les autres les Enluminures des sesuites et les autres le racourci de la pluspart de leurs plus belles actions. Et quoi qu’ils tachassent de se deffendre des railleries et de ces insultes en soutenant avec leur effronterie ordinaire, qu’ils n’étoient pas les autheurs de L’Al¬ 77.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 4, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1654-1656. Livre XI-XVI
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