archieftoegang 215, inventarisnummer 1, pagina 215
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460. de sauver une âme. Etant venu en cette maison sans autre dessein que d'y voir sa sœur, il ne fut pas plutôt dans cette solinde que le St. Esprit par la à son coeur, il commença à juger du monde coed si déja il en eût été separé, et il fut convaincu que pour se conser- ver pur de sa corruption, il le falloit haïr et le quitter pour toujours. Il prit deslors résolution de choisir M.r Singlin pour son guide, et a près avoir passé quelque tems à s'éprouver dans son dessein, il quit ta son bénéfice, et vint se retirer dans ce désert, où il ne pensa plus qu’à s’humilier, et à se mettre à la demière place pour faire peni¬ tence; desorte que la charge de la Sacristie lui paroissoit trop élevée pour lui, et on eut de la peine à la lui faire accepter ; mais sy étant soumis, il l’a exercée avec soin pendant 24 ans et jusqu’à sa mort. Quelque changement que la grace eût fait en lui, il lui restoit encore des faiblesses, il faisoit paroître quelquefois sa promptitude et son impatience, mais il reconnoissoit ses défauts devant tout le monde, avec une humilité si edifiante qu’il y a sujet de croire qu'ils lui ont été plus utiles que préjudiciables. La laison de charité qu’il avoit avec cette maison qui étoit devenue la sienne le fit participer à nos afflictions; Il en fut éxilé pendant 5 ou 6 années qu'il passa dans une Ste retraite; mais enfin Dieu ayant accordé la paix à ce Monastère, il rentra dans sa 1er charge et il l’exerca jusqu’à la findessa vie, que Dieu termina bientôt par une mort tres Chretienne. Il est enterré dans notre Eglise devant le balustre du grand Autel du côté de l'Evangile. Ce meme jour 1674 mourut à Paris Nicolas Le Pelletier seigneur de la Houssaye Maître des Requêtes particulier ami et et bienfaiteur de ce Monastère. Il est enterré aux feuillents de la rue St Honoré. 10 Decembre Ce jour 1658 mourut la Mére Marie Angelique Suyreau la quelle des son entrée en Religion qui fut à l'âge de 16 ans fit paroître qu'elle étoit prevenue de la grace de Dieu, étant des lors si ponctuelle a tous ses devoirs qu’il sembloit que l’esprit de la Religion fut né avecelle. Quelques années après sa Profession, elle fut envoyée avec une autre Sœur en un mo¬ nastère de notre Ordre, où l’on demandoit une Prieure et une Maîtresse des Novices ; elle exerça cette dernière charge, et donna une grande edification pour sa conduite toute Religieuse, et toute uniforme, elle y demeura 3 années, après quoi on l'a fit revenir, s'étant presenté l'occasion de l'employer a une plus grande charge qui fut d'être nommée pour l'Abbaye de Maubuisson. Notre Mére Abbesse qui étoit lors la Mere Marie Angelique de Ste Magdeleine Amauld à qui on demanda une de ses Religieuses pour cela, ayant jugé qu'il n'y en avoit point de plus propre selon Dieu que celle-ci, quoi- quelle n'eût pas tous les talens naturels qu'on pouvoit desirer pour une si- grande charge. Elle recut cette proposition avec autant de douleur que la creance quelle avoit de son –incapacité lui en pouvoit causer. Sa 1ere parole fut de demander si elle était obligée d'obeir en cela, on lui répondit qu'en effet on ne pouvoit pas l’obliger à le faire, mais qu’on croioit que c’étoit la volonté de Dieu 161. Dieu qu'elle s'y soumît; Elle ne repliqua point sinon par ses larmes qui furent tres améres, quoiqu’elle en eut depuis scrupule; ce qui fit qu'elle s'accusa au chapitre d'avoir trop pleuré en une occasion. Elle porta toutes les suites de cette douleur, qui furent de quitter son Abbesse et ce Monastére quelle aimoit uniquement pour se transporter a Mau- buisson, où elle savoit qu’il y avoit beaucoup de choses à souffrir; Elle se comporta en tout cela avec toute la vertu qu’on avoit pu désirer. Les 1eres années qu’elle fut Abbesse, et qu'elle ny fut point malade, ce qui dura environ 8. ans, elle se rendoit tres exacte à toutes les obser¬ vances, n’ayant point d’égard à des infirmitez qui lui étoient ordinaires, et principalement la migraine pour la quelle elle ne se dispensoit presque de rien. Elle prenoit aussi part au travail commun auquel on n'emploi yoit que les Novices, portant avec elles le linge de la Lessive, le bois, et faisant aussi les autres choses qui se présentoient à faire, ce qui etoit cause qu’elle prenoit sur son repos le tems dont elle avoit besoin pour écrire des lettres et autres choses qui regardoient sa charge. Depuis les y. cres années elle devint fort maladive, et fut une fois deux ans entiers sans recouvrer sa santé, et a souffrir des maux extrémemt douloureux, ce qu'elle faisoit avec une égalité d'esprit qui se faisait admirer de celles qui étoient aupres d’elle. Aussitôt qu'elle étoit sortie de ses maladies elle- rentroit dans la communauté pour y faire tout ce qui lui etoit possi- ble sans sépargner, et sans apprehender de retomber, coe elle faisoit souvent. Elle recevoit les filles à la Religion sans aucune autre vue sinon quelle les croyoit bien appellées de Dieu, et quand elle voyoit que cela n'étoit pas elle n’avoit point d’égard pour les renvoyer, quoiquelles lui eussent été presentées par des personnes de grande condition ce quelle faisoit néan- moins avec tant de diseretion pour les rendre capables de ce refus que personne ne se plaignoit d'elle, Mais on étoit obligé de reconnoître que ce n'étoit que le zele de la Religion qui la conduisoit. Elle a toujours resisté aux conseils qu’on lui donnoit de ne pas recevoir tant de filles qui n’apportoient rien, se croiant avec raison-être obligée d’en recevoir gratuitement autant que le revenu de la maison en pourroit nourrir: Elle gouvemoit le bien de ce Monastère avec une si sage et si sainte aeco¬ nomie, qu’apres avoir pourvu à tout suffisamment, il lui restoit de quoi faire de grandes aumônes qui l'ont fait appeller la Mere des pauvres. Elle a été fort contrariée en cela par des personnes qui eussent voulu qu’elle eut plutôt fait des enrichissemens à son Eglise, ou qu’ell eut fait des nouveaux bâtimens dont on se pouvoit fort bien passer à quoi elle a toujours resisté, croyant qu'il étoit bien juste d’assister les pauvres selon l’intention des fondateurs de la Religion. Elle étoit si ponctuelle à se trouver aux heures de la communauté quand elle s’y pouvoit rendre, qu’on la voyoit toujours la 1ere sans jamais faire attendre apres elle: Elle employoit presque tous les loisirs qu’elle avoit de reste quand elle ne pouvoit suivre la Communauté, à prier Dieu; ce qui lui étoit si naturel, qu’on la voyoit presque toujours recueillie en elle meme dans la vue de Dieu; et c'est ce qui lui faisoit abreger tou- tes les choses qu'elle avoit à dire, ce qu’elle faisoit pourtant d’une manière si douce, quelle ne donnoit de la peine à personne, parce qu'on voyoit bien que c’etoit Dieu qui l’attiroit à lui, aussitôt qu’elle avoit satisfait a la nécessité de traiter avec les creatures. Elle a.
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 1, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Histoire de la fondation de Port-Royal par la Mère Angélique Arnauld, et 1-5 continuée par quelques autres personnes, avec nécrologe. 1 t. fol. (Amf. 19)
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