se reserve les tems et les momens pour garentir les serviteurs de la violence deses ennemis. La patience étoit aussi veritablement le meilleur parti qu’il puisse prendre. car la negotia tion de Rome dont il parle et que Mr. de Laon et de Kaintes vouloient lier avec Mr. le Cardinal Gygghy auxquels ils envoioient un projet, étoit une affaire ruineuse qui ne pouroit produire qu’un affoiblissement honteux. Aussi d’ieu ne permit pas qu ’elle réussit mieux que les autres. La Cour Romaine etoit trop fière et trop instruite de ce qui se passoit en celle de France pour agréer le moindre temperament, et ce fut ce qui sauva la conscience et l’honeur de Mr L’Evêque de Beauvais qui ne laissa pas de conserver beaucoup de recon noissance pour les soins que ces deux éveques prenoient de ses intérêts. Il en reçut de nouvelles preuves par cette lettre que Mr. de Laon lui en écrivit en ce tems-la après avoir envoié son paquet à Rome. Monseigneur Je laisse à votre fidelle correspondance à vous rendre compte des choses qui regardent votre service, et qui auroient assurement un succès fort avantageux, si la passion que j’ai pour vos interets, étoit suivi de tout le pouvoir qui seroit necessaire. Si cette dernière tentative demeure sans effet, au moins de la manière qu’elle est conduite, elle ne peut causer aucun mal. Je pars de Paris après avoir longui trois mois, aprés le jugement du procès que je poursuivois, quand vous en partités. Enfin je l’ai obtenu aussi favorable que je I’eusse pu faire et M. le President m’a fort bien traité. Je n’ai pas cependant voulu comencer mon voyage sans vous protester encore que je suis tout à vous et que vous pouvez faire un fondement assuré de tout ce qui depend de Monseigneur. Votre tres humble et tres obeissant serviteur et confrere L'Evêque et Comte de Laon. ce 20 septembre à Paris 1659. La negociation en demeura-là, car tout ce qu’elle produisit fut que l’on envoia de Rome un projet de revocation de la lettre de Mr de Beauvais, ou il y avoit en termes formels; Je deteste la doctrine de Jansenius, et je le condamne et revoque la lettre que j’ai écrite le jour même de la datte de celle de Mr. de Léon, qui étoit la fête de St. Matthieu, on publia publia cette lettre dans les Eglises Paroissiales de Beauvais pour éprouver si elle feroit plus d’effet que l’Arrest du Parlement du 27. a toust qui avoit été signifié à Mr. Georges de Nully Chantre et Chanoine de la Cathedrale et à Mr. Ceulier Chantre, et Promoteur, Sans que le Chapitre eût consideré le moins du monde l’autorité de cette Cour, à laquelle il étoit obligé d’avoir recours en toute rencontre pour la conservation de ses droits. Cette lettre etoit une Apologie de la conduite de Mr. de Beauvais et de celle de ses Chanoines qui souffroient un traitement si rigoureux pour la deffense de la hierarchie; et voici comment il l’exprimoit pour s’en plaindre Lettre Pastorale. de Monseigneur le Comte de Beauvais, Vidame de Gerberoy Pair de France. Sur le sujet des entreprises faites par le chapitre de son Eglise Cathedrale contre sa jurisdiction. Nicolas par la permission divine Eveque et Comte de Beauvais. vidame de Gerberoy. Pain de France, à tous nos Diocesains Paix et benediction. Si le Scandale publie &c.. voyer L’Omprine. Dans le tems que l’on publioit cette lettre dans les paroisses de Beauvais. Les Chanoines du parti de Mr Chaillou, s’en vengerent par un ordre qu’ils donnerent au discre qui offici¬ oit ce jour la, à la Sainte messe de ne pas donner le livre du Saint Evangile a baiser à ceux de leurs confreres qui restoient à l’Execution de leur statut. Ils leurs retrancherent aussi l’ençens. Ce qui ne se pouvoit faire sans exciter un très grand scandale pour le peuple et sans faire vire les libertins, à qui une si étrange nouveauté étoit une occasion d’endurcis sement dans le mal. Mais outre que les gens de bien en gemissoient, la patience et la douceur de ces chanoines opprimés qui souffroient de si grands outrages et sans murmure, leur attira la commission de plusieurs de ceux mêmes qui s’en étoient raillés d’abord. Ils ne laisserent pas d’en demander acte au chapitre pour se pourveoir, mais leurs confreres leur répon dirent que par de nouvelles significations pleines d’excés et d‘injures.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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