docteur le 16. du même mois, et de s’en expliquer par ces termes. Je ne suis pas tout a fait si delicat que vous pour un second Mandement, s’il pou¬ voit servir à nous tirer absolument d’Affaire pourvû qu’il n’y eût rien dedans qui me pût être préjudiciable, c’est a dire contre l’honneur de la justice et la bien seance. Ces consequences que vous apprehendez que Mr. le Nonce en voudroit tirer, ne me tou¬ chent pas fort, et il me semble qu’elles n’auroient pas grand succès et qu'il ne seroit pas difficile de s’en deffendre. J’entends pour vû, qu’on ne me voulut point obli¬ ger à une seconde publication de la Bulle, car pour cela je ne pourrois pas me re soudre. Car à quoi bon toute cette negociation puisque Gaulmin est parti? My aura arrest sans doute, cette semaine, et après cela plus de quartier. C’est pourquoi il est ce me semble inutile de raisonner davantage sur ces matieres. Vous avez aussi fort bien fait de ne vous point engager en aucune conference avec l’Agent gascion; je crois même qu’il eût été encore mieux de lui envoier le paquet simple¬ ment sans dire de la part de qui: il n’importe pour tant pas beaucoup, c’est une chose faite qui ne peut faire de mal. Je ne doute point de la bonne volonté, de l’adresse, et de la prudente conduite de Mgr. de Laon pour mon affaire, mais je doute de la disposition des choses qui paroit fort contraire à ses bons desseins. Notre destinée qui ne semble pas heureuse, selon le monde, en cette occasion, l’emportera sur ses soins et sur la disposition plutoit de la providence divine dans laquelle il ne nous est pas permis de penetrer. Je m’y resigne absolument, et jevous assure que je vous suis entierement acquis et très redevable. On voit par toutes ces lettres que si M. de Beauvais songeoit dans le péril pour la deffense de la verité et de l’honeur de son caractere, ce n’etoit point en aveugle, et que dans la conjoncture ou il se trouvoit, il eut eté difficile de tenir une autre conduite pour allier la sagesse avec la force. Il étoit obligé de garder une partie des pro¬ positions d’accommodemens à quelques uns des Chanoines de son Eglise avec lesquels il avoit une plus étroite confidence, parce que la sensibilité qu’ils avoient pour l’amour de la verité et pour la deffense des droits de l’Episcopat, leur avoit fait regarder comme la plus grande de toutes les peines, tout ce qui auroit été capable de les attiedir. c’est ce que l’on peut juger par le billet de Mr. Hermant datté du 17. qui s’est trouvé parmi les papiers de Mr. Taignier. Je viens de lire votre grande lettre Mr. Notre prelat. Voila de continuelles proposi¬ tions d’affoiblissement, et tout cela se trouvera peut être inutile et superfic parce que l’iniquité est peut être deja consommée, la crainte du mal n’est peut-être ici davan- tage que le mal même; l’on a déja fait des ouvertures, et fait glisser des propositions que je ne pourrois jamais executer. aimant mieux mourir de la mort du monde la plus cruelle que de toucher trahir ma conscience, et je vous dirai que si l’on continuoit une seconde fois, a me tenter sur ce sujet, je prendrois beaucoup plus fortement que je n’ai fait, et repliquerois à une 3e. proposition que par une promte retraite. Voila mon dessein que je vous prie de ne communiquer à qui que ce soit. Je vous le dis sans exception. Je me plains un peu de la trop grande affection de notre prelat envers moi. Il est a plaindre, mais la verité doit l’emporter au dessus, je crains qu’on ne l’engage bien avant. Vos crochets et vos parentheses sont d’une grande étendüe mais je m’en rapporte aux plus clairvoyans. On ne laissoit pas de demander tous les jours à Mr de Beauvais de nouveaux Eclaircissemens pour la négociation et il se trouva encore obligé d’écrire ainsi à Mr. Faignier. 17.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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