ce conseil. Le parti de la patience lui parut le plus avantageux après avoir fait tout ce qu’il croioit necessaire pour la deffense de sa cause, et des personnes trés sages jugerent alors que c’étoit le veritable moien de se mettre au dessus del’in justice des hommes et de les obliger tôt ou tard, de le rétablir dans ses droits. Cependant il étoit toujours occupé de la négociation où on avoit voulu l’enga ger quelque inutile qu'il sçût bien qu’elle devoit être. C’étoit pour lui un exer une fort penible de recevoir tous les jours de nouvelles propositions. Et voici ce qu’il en écrivit à Mr. Taignier le 15. du même mois. J’ai reçu votre lettre du 14. après laquelle nous pouvons dire dum Romæ consulitur Saguntum oppugnatus. Nos parties pressent, et ils ont raison de vouloir voguer à pleines voiles pour arriver à leur port pendant qu’ils ont le vent favorable; il n’y a remede, il faut se resoudre à tout, pour moi je n’espère rien de bon, il n‘en sera pourtant que ce qu’il plaira à dieu. J’ai pensé depuis hier aux ordres que j’aï demandez par memoire pour savoir jusqu’ou je veux aller. á quoi je suis assez empêché parce que je ne comprend pas bien ou on me veut mener. Pour le formuleire que peux je dire davantage que ce que j’ai dit? J’en ordonnerai comme je le jugerai à propos, selon les besoins de mon dioceze, et je ferai tout ce que les autres feront. Pour M r le Nonce si sa satisfaction, qui emporte aussi celle du Pape, nous pouvoit delivrer de nos chanoines, il faudroit faire quelque chose d’extraordinaire à cause des suites facheuses que cette miserable affaire nous produira depu¬ blier la Bulle une seconde fois, sur un nouveau Mandement, c’est à quoi il ne faut pas penser; ce seroit une choseridicule qui ne se doit pas demander par ce qu’elle n’est ni juste ni raisonnable. Je n’ai pas été obligé de faire cette publication parce que la Bulle ne m’avoit point eté envoiée. J’ai eû pourtant droit de la faire, et on n’y sauroit trouver a redire avec justice. Je pourrois bien recevoir la Bulle de Mr. le Nonce et faire un nouveau Mandement pour la publication, qui ne seroit que pour lui, quoi qu’il pa¬ rût public dans les termes; mais la difficulté de les concerter, d’en mettre qui bles- sent mon heneur, ma conscience, la verité, la justice, je ne le peux, ni ne le dois. Il n’y a pas aussi, ce me semble, de sujet ni de pretexte de me le demander. D’en chercher de generaux qui marquent ma soumission et mon obeissance à cette constitution et à celle d’In norent X. cela se pourroit de dire que je n’ai jamais eu dessein de diminuer l’autorité de cette premiere constitution, ni de donner aucune atteinte aux occasions qui y sont contenües, sachant trop le respect qui est dû à tout ce qui vient du sériege, ou quelque chose d’équivalent, cela ne seroit peut être pas si facile par un Mandement que par une lettre latine que l’on écriroit au Pape, dont l‘on feroit à Rome ce que l'on voudroit Je ne serois pas d’avis de la faire imprimer; mais je ne pourrois pas empêcher que le Nonce et les gens du Pape n’en fissent à leur mode. Après tout, j’un reviens là. Je ne sai pas ce que jedois et ce que je peux faire, parce que je ne vois pas bien ce que l’on me peut demander. Je ferai ce qui sera juste et ce qui ne blessera point mon honneur. Mais il est inutile de se tourmenter pour s’ajuster avec Mr. le Nonce et ne point sortir du trouble, de l’embaras et de la perfection des chanoires. M. Taignier aiant reçu cette lettre rejetta, avec le Conseil de quelques uns de leurs communs amis; cet expedient du Mandement nouveau leur parut un peu trop bas et peu conforme à la fermeté Episcopale que Mr. de Beauvais avoit toujours fait pa roitre dans sa conduite. Ce fut ce qui l’obligea d’en écrire encore une fois à ce
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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