archieftoegang 215, inventarisnummer 6, pagina 112
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Transcriptie
Jansenisme. Ceux qui connoissoient cet sentiments ne pouvoient sans rire apprendre cette seconde raison. Quoi qu’il en soit il partit le septieme jour du mois d’octobre pour ce grand-voiage. L'onze M. de Beauvais manda à Mr. de Secz que son unique resolution étoit d'attendre les extremités avec patience en conservant tant qu’il pourroit. Son autorité ne pouvant consentir qu’on le traitât d’une autre maniere que les Evèques de France. Le 13. Les Chanoines persécutés qui avaient suspendus jusqualors la signification du dernier arrêt du Parlement donné en leur faveur, le firent signifier à leurs confreres en parlant à Mr Georges de Nulli Chantre et Chanoine de la cathedrale. Leurs parties qui avoient eu des nouvelles de l’arrêt du conseil d’en haut tinrent ce jour là deux chapitres, l'un avant la messe et l’autre après, et ils s’y arreterent avec de grands transports de joie de convoquer tous les membres et suppots du chapitre pour écouter le 15e. jour du mois d’octobre avec veneration la lecture de cet Arrêt. Le 19. Mr. de Beauvais apprit par un billet d’un de ses amis, que Mr Chaillou Doyen de son Eglise aiant été enfermé pendant deux heures, avec Mr le Chancelier pour concer ter un arrêt, ce grand Magistrat lui avoit tellement accordé toutes ses pretentions, qu’en fin il lui avoit demandé s’il étoit content. On apprit à Beauvais le 22e que Mr. du Chezne docteur de Sorbonne ancien et chantre et chanoine de cette Eglise, étant monté en chaire en Sorbonne le jour de Ste Vrsule patronne de la maison dans la resolution de dechirer sans misericorde les disciples de St. Augustin avoit eté frappé encore une fois d’appoplexie dés le comencement de son sermon, et on sçut depuis que son mal étoit tourné en paralisie dont il fut affligé jusqu’au tombeau. Cet accident; donna lieu a quantité de reflexions, et plusieurs crurent sans en juger temerai¬ rement qu’il y avoit en cela quelque chose de divin pour avertir secretement ce Docteur qui aiant d’abord parce si equitable au commencement des contestations du tems s’étoit porté ensuite aux dernieres extremités avec une espece de brutalité et de fureur contre ses anciens et veritables amis. Mr. Mr. Carlier autre docteur de Sorbonne, promoteur du Chapitre de Beauvais, avoit fait depuis peu de jours un voiage à Paris pour traitter de la manière dont ils chasseroient leurs confreres : à son retour il dit le 24 du même mois à Mr. Tristan et Hermand au sortir de Prince que la compagnie étoit resolüe d’executer son arrêt ne les pouvant plus souffrir au chœur. Ils lui remontrerent que l’arrêt ne portoit pas qu’ils en fussent bannis, et ne confirmoit pas leur prétendu statut à cet égard; mais il soutint le contraire sous pretexte que par cet arrêt, ils étoient privés de tous honcurs, et sur ce qu’ils lui repliquerent que ce leur étoit plutôt une charge et une ignominie qu’un homeur, d’assister au chœur pour y être traittés avec la dureté qu’on leur témoignoit; il se contenta de dire que le chapitre avoit bon Conseil. Ces deux confreres lui repartirent que c’étoit celui du P. Annat ; mais qu’ils prissent garde à ne pas engager la compagnie mal à propos à une si grande violence. Il étoit inutile de faire des remontrances de cette nature à des personnes emportées qui ne diferoient l’execution de leurchence que pour attendre à la fête de St. Simon et St. Jude qui est le tems des grandes vacations du Parlement. Ils choisirent pour cet effet le 15e jour du Parlement, et après que les Chanoines engagés dans la cause de Mr. de Beauvais, eu rent assisté paisiblement à Matines et sans aucune contradiction, ils apprirent pendant que l’on sonnoit Prince que leurs confreres possedés par le Doyen en avoient fait garder le sportes du chœur de la cathedrale par plusieurs bedeaux pour leur en defendre l’en- trée, et avoient aussi attiré des spectateurs pour être temoins de la tragédie contre les deux vicaires generaux de l’Evêque, ses deux Archidiacres, son official et quelques chanoines d’une vie irreprochable et qui depuis plusieurs années s’étoient devoués au service du diocète. Ces vertueux Eclesiastiques qui étoient tout disposés a boire cette coupe d’amertume, s’assemblerent dans le Seminaire chez Mr. Livêque souschantre qui étoit le plus ancien d’entr’eux, afin d’être le plus uniforme dans leur manière d'agir et de souffrir cet outrage.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 6, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1659-1661. Livre XXI-XXV
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