80. Le Jeudy M. da S t Amour eut un entretien assez ample avec Mr le Cardinal Paletta, et ce qu’il y apprit de plus considerable, fut que Mr. Hallier l’avant visité lui avoit dit qu’ils étoient Jansenistes et qu‘ils prétendoient sous des pretextes d’équisoques et interpretations de propositions, faire declarer à l’Eglise qu’elle avoit eû tort dans les condamnations qu’elles avoit faites. Le Vendredy 6. Un carme dechaussé lui apprit que Mr Hallier étoit celui qui avoit sollicité dans leur couvent de Paris que l’on y souscrivît contre les Propositions et que leurs Peres ne l'avoient pas voulu faire Le samedy 7 mr. de St. Amour aiant dit à une des personnes des plus in¬ telligentes de la Cour de Rome et des plus qualifices, ce qui s’étoit passé chez le Cardinal Rome le 26e jour d'Aoust entre Mr. d'Albi-zy et eux, cette personne lui conseilla de ne pas perdre cette occasion de faire connoitre au Pape l’animotité et la partialité de cet assesseur dont cette même personne lui donna encore des preuves claires et convainquantes. Mr. Othernin lui apprit que Mr. Hallier étant ce jour là le matin à la prome- nade sur le mont de la Trinité, avoit dit au P. Abbé de St. Antoine, que lui Mr. Hallier les tenoit, qu’ils ne lui échaperoient pas, qu'il les fervit mettre à Cornetto c’est comme qui diroit aux petites maisons, et encore quelque autre chose de cette force. Mr L'Ambassadeur nouvellement relevé d’une maladie qui leur avoit ôté la consolation de le voir, leur demandant ou ils en étoient de leur affaire, leur dit en même tems qu’il avoit vû quelques uns de leurs Cardinaux, et entre autres autres il leur nomma. Mr. le Cardinal Chiggy qui temoignoient être bien contens et bien joyeux, ce qui etoit un témoignage qu’eux qui étoient d’ordinaire fort ré veurs sur les moindres affaires pour peu de peine qu’elles leur donnastent, eussent C. quelque cependant raisonnable pour en sortir et qui dût donner beaucoup de satis¬ faction. Ils lui répondirent que cela ne pouvoit pas être parce que pour en sortir, il falloit nécessairement qu'ils examinassent l’affaire de bonne façon, ce qu’ils ne pouvoient G. pas faire sans peine. Cela leur donna occasion d'entrer dans le discours si on les entendroit en pre¬ sence des uns et des autres. Il leur fit ses difficultés. Ils lui firent leurs réponses, et n'en quoi qu’il parût être aucunement satisfait il temoigna néanmoins qu'il ne scavoit Cinw si on la leur accorderoit. Il leur dit ensuite qu’il avoit fait ses diligences par le moien des Nonces pour avoir le sentiment des Vniversités &c. Et ils lui direpondirent que cela n’était pas capable de leur apporter grand Eclair¬ 1 .. rissement si pardessus cela ils ne lui faisoient justice et ne se donnoient la peine de les entendre en presence les uns des autres. Ils lui parlerent ensuite de ce qui s’étoit passé dans l’affaire des Hibernois, des lettres que les jesuites avoient ob¬ tenües de l’Empereur, du Roi de Pologne &c. de Cornetto ou M. Hallier les menaçoit dans les compagnies de les envoier Apropos de cela Mr. L'Ambassadeur dit à Mr. de St Amour que ce docteur sa partie s’étoit plaint à lui d’une lettre qu’il avoit écrite à Mr. Bouvot Greffier de leur faculté, et que Mr. Bouvet avoit montré à Mr. Grandin leur Syndic, dans
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 3, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1652-1653. Livre VII-X
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