/ 90. 48. les Religieux; cela lui donna le desir d’entendre quelques-unes de ses leçons, et pour cet effet il alla deux fois à l’Ecole de Sorbonne. La premiere fois ce Professeur montroit que toutes les œuvres qui ne sont pas faites dans l’esprit de la foi, ni referées à Dieu, étoient des pechés, et qu’il n’y avoit pas de veritables vertus dans les Infideles. La seconde fois il lui entendit eclaircir une censure qui étoit dans les actes de Sorbonne qui n’a pas les conditions d’une veritable censure, et M. de Ste. Beuve faisoit voir que quand elle auroit été faite dans toutes les formes, elle ne prouveroit rien contre la doctrine de St. Aug. n’aiant été faite que contre Luther et Calvin, qui disent, que même avec la grace le libre arbitre ne peut que pecher, et n’observe point la loi de Dieu; en attendant l’arrivée de M. de Ste Beuve, il eut conference avec quelques uns de ses Ecoliers qui monterent sur les bancs, pour le venir écouter, et s’é¬ tonnerent de voir un homme de sa profession parler si hautement en faveur de la doctrine de St. Augustin, et la circonstance du lieu ou l’on voit si rare ment des gens de sa condition, contribuoit beaucoup à le faire considerer et admirer davantage. Il parla aussi de la satisfaction qu’il eut dans la conversation d’un homme qu’il connoissoit de réputation et qui étoit devenu illustre par les perquisitions qu’il a souffertes pour la deffense de la verité, et la predication de l’Evangile. c’étoit le Pere des Mares, dont il ne pût se séparer sans douleur. Il vit aussi particulierement M. L’Abbé le Roi et lia avec lui une habi- Cred. tude fort etroite, il salva Mr. Arnauld dans sa retraite et retourna enfin chez lui par les dioceses de chartres et d’orleans. A son retour il dressa quelques memoires de son voiage, et M. L’Abbé le Roi aiant pris soin de les revoir et de les polir, on les Imprima en cette année 1652. sous cetitre. Discours d'un Religieux Professeur en Theologie sur le sujet d’un voyage qu’il a eté obligé de faire à Paris à l’occasion de la doctrine de la Grace, avec une lettre importante du Card. Baronius sur les sentimens de Molina Jesuite qui n’avoit point encore été imprimée, et dont on a conservé l’original—cette Rela- tion fut d’autant plus agreable, qu’elle paroissoit nouvelle n’y aiant encore eu aucune qui eût eû pour sujet, un voyage de Paris entrepris pour l’Eclairasse ment des matieres Theologiques. La Lettre de Baronius qui y est inserée, est ecrite de 1603, dans laquelle ce Cardinal dit avoir lû le livre de Molina avec indignation et avec horreur, à cause du mépris qu’il fait de St. Augustin. Son Sentiment est que l’Eglise catho¬ lique n’a pas besoin du livre de ce Jesuite. (Molina). Mais si le P. Gaborcus étoit persecité par son ordre avant la publication de cette Relation, on peut juger qu’on l’épargna encore moins lorsqu’elle parut en public, quoique la prudence luieût fait supprimer son nom, et celui de plusieurs personnes, avec lesquelles il avoit traitté de cette matiere dans Paris et aux environs; mais sa pieté le mit a couvert, et sa sincerité fut estimée de toutes les personnes équitables. 791 49.
Bronvermelding
Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 3, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1652-1653. Livre VII-X
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