M. Marcan le 12e Janvier manda à Mr. Taigner que le Maire de Melun étoit allé voir le dimanche precedent Mr. Vaultier licentié en Theo¬ logie de la maison de Navarre Curé de St. Aspais, ce pasteur lui avoit dit qu’il étoit pressé par les lettres qu’il recevoit de travailler à leur éloignement, qu'il en avoit parlé dés le mois d’octobre precedent à la mere superieure des Vrsulines mais quelques autres affaires publiques l’avoient diverti de celle-la, qu’apres un si long delai, il ne pouvoit plus se dispenser de répondre, qu’il eût souhaité que la chose se fût faite, par le moien de M. L’Archevêque, que si néanmoins ce prelat ne la vouloit pas faire, il seroit obligé d’avoir recours à d'autres moiens. qu’il l’étoit venu voir pour le prier de lui en écrire, et qu’en attendant que lui-même Maire de Melun l’alla voir à Paris ce qu’il esperoit dans peu detems, il Suplioit ce curé de renvoier le pouvoir qu’il avoit donné à ces deux docteurs. M. Vaultier lui demandant quel sujet, il pouvoit avoir de faire contre eux des prieres si pressantes, et il lui répondit, que c’étoit par ce que M. Feydeau avoit prêché le pur Jansenisme dés les premiers sermons qu’il avoit fait à Melun le jour de St. Augustin. ce Lasteur lui repliqua qu’il étoit persuadé du contraire aiant lui-même eté present à ce Sermon; que pour réüssir contre eux dans ces sortes de menaces, il falloit que ceux qui avoient assisté à leurs predications y eussent remarqué quelque chose contre la foy, ou contre sainteté de la morale chretienne, afin d’en pouvoir dresser de bons et fideles proces procès verbaux signez de ceux qui les avoient ouïs avancer une mauvaise doctrine, ce qu’il ne croioit pas pouvoir reussir, le Maire de Melun repli¬ qu'il leur suffisoit qu’ils eussent eté condamnés par une sentence de M. L'official de Paris, et Mr. Vaultier lui aiant demandé s'il l'avoit vüé, cet officier de ville lui répondit que non, et son curé lui representa que cela étant, il ne pouvoit donc pas s’en servir. Mais l’autre persistant toujours dans sa préoccupation, lui dit que Mr. Amyot dans sa Requête contr euse s’étoit offert de prouver qu’ils avoient prêché 50. erreurs dans la chaire de St. Merry M. de St. Aspais lui demanda aussi si M. l’officiel avoit prononcé sur cette accusation, mais le Maire prétendit. L’en être informé par la lecture de cette sentence, et il ajouta que ce se Mrs depuis leur sortie s'étant re¬ tires chez les Peres de l'oratoire, les ordres du Roy les avoient obligés d’en sortir, et qu’un Exempt des gardes y étant allez pour les leur porter, ils ne les avoient point rencontrez. M. Vaultier voulu lui faire concevoir que tout cela étoit très foible, et que dans le tems qu’il marquoit, ceux de qui il se plaignoit, n’avoient jamais quitté Melun tous deux ensemble. Il sembloit que Dieu eut abandonné en ce tems-la plusieurs de ses serviteurs à la passion aveugle, et à la haine irreconciliable de leurs ennemis qui les accabloient d’une infinité de calomnies, mais il leur faisoit trouver dans leur foiblesse même leur force, quoi que toute
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Het Utrechts Archief, archieftoegang 215, Inventaire, inventarisnummer 5, Première section, Port-Royal et ses adhérents (inv.no. 1-948), Port-Royal en général (inv.no. 1-32), Relation des événements, 1625-1661, 1657-1658. Livre XVII-XX
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